© LCI/TF1Mardi, une odeur nauséabonde a flotté dans l'air parisien. Plusieurs internautes de LCI.fr, vivant en région parisienne, nous ont même alertés. Contacté par LCI.fr, Airparif, l'organisme francilien qui contrôle la qualité de l'air, a confirmé avoir reçu plusieurs appels sur ce sujet, y compris de la Mairie de Paris. Ces effluves pourraient s'expliquer par la grève depuis lundi des éboueurs de l'entreprise Sita Ile-de-France. Trois arrondissements parisiens et 180 communes franciliennes seraient concernés et les ordures commençaient mercredi à s'amonceler sur certains trottoirs. Mais les mauvaises odeurs pourraient aussi être dues à un épandage de lisiers, a-t-on indiqué à Airparif.
En fait, l'organisme a précisé ne pas être chargé de mesurer les odeurs mais la qualité de l'atmosphère. D'où son incapacité à débusquer les senteurs désagréables. Au ministère de l'Ecologie, on confirme à LCI.fr que la Mairie de Paris peut toujours intervenir à la suite de plaintes de riverains mais qu'il n'existe aucun organisme à l'échelle de la région parisienne pour traiter ce problème. "Du moment qu'il n'y a pas de pollution constatée par Airparif, personne ne se soucie d'où vient la mauvaise odeur", affirme un porte-parole du ministère. Et de citer les exemples des stations de métro Châtelet et Madeleine : elles puent mais ne dégagent aucune pollution, donc "on fait avec".
Réseau de "nez"
Dans certaines régions pourtant, des équipes de "nez" ont été mises en place. C'est le cas notamment en Rhône-Alpes et en Haute-Normandie, qui abritent un grand nombre de sites industriels. "Il est très compliqué d'identifier une odeur car elle est composée de molécules chimiques variées", explique à LCI.fr Céline Léger, ingénieur à Air Normand, l'organisme de contrôle de la qualité de l'air en Haute-Normandie. "Il n'existe pas d'instrument de mesure fiable, poursuit-elle. Le meilleur capteur reste le nez humain."
Air Normand fait appel à des riverains pour renifler les émanations douteuses depuis 1989. En 1997, un "réseau de nez" a été créé : il s'agit de bénévoles vivant dans différentes zones et formés à décrire les odeurs. Des campagnes de détection d'odeurs sont régulièrement organisées : les données transmises par les nez sont alors croisées avec celles de Météo-France et avec les expertises menées "sur les sites industriels dont on sait qu'ils émettent des odeurs", précise Céline Léger. En cas d'apparition d'une puanteur, Air Normand peut aussi faire appel ponctuellement à ses "nez", voire envoyer un "technicien odeur" sur place.
Identifier pour agir
L'objectif est d'identifier la provenance d'exhalaisons nauséabondes et d'aider les industriels à réduire ce type de nuisances. La collaboration avec ces derniers ne s'est pas faite sans mal mais aujourd'hui, elle est devenue réalité, assure l'ingénieur d'Air Normand. "Les industriels sont très demandeurs pour avoir des retours d'informations car, parfois en toute bonne foi, les odeurs ne sont pas détectables au sein des usines", pointe-t-elle.
La question des mauvaises odeurs a toujours été une préoccupation en Haute-Normandie, rappelle Céline Léger. Les appels d'habitants gênés par une mauvaise odeur ont augmenté de 25% depuis deux ans. Les plaintes portent essentiellement sur les effluves d'origine industrielle mais très peu sur les odeurs liées à l'agriculture ou aux véhicules. Comme si ces dernières, inhérentes à la campagne et à la ville, étaient mieux acceptées alors que les odeurs industrielles sont vécues comme potentiellement dangereuses pour la santé.
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