La première centrale nucléaire flottante prend forme

Par Matthieu DURAND avec agence, le 20 avril 2007 à 07h00 , mis à jour le 19 avril 2007 à 18h00

La construction de cette micro-centrale a débuté dimanche en Russie pour une entrée en fonction en 2010. Six autres unités seront disponibles d'ici à 2015. Greenpeace évoque déjà un "Tchernobyl sur le Titanic".

[Expiré] brise-glace pôle Nord © sxc.hu

La construction de la première de sept micro-centrales nucléaires flottantes a débuté en Russie. Une cérémonie officielle s'est déroulée dimanche dernier dans les chantiers navals de Severodvinsk, qui donnent sur la mer Blanche.

Les travaux du navire, baptisé Academic Lomonosov, devraient être terminés en 2010. Il abritera alors de deux réacteurs nucléaires KLT-40C d'une capacité de 70 mégawatts (1). Les six autres centrales flottantes seront opérationnelles d'ici à 2015. Chacune d'elles ressemblera à un brise-glace et sera transportée sur les lieux de son exploitation par un remorqueur. Elle restera solidement ancrée en mer, près de la côte, pendant toute sa période d'exploitation, estimée à 40 ans.

La centrale fournira non seulement l'électricité, mais aussi le chauffage, à l'aide de tuyaux qui la relieront à une sous-station sur la terre ferme, et permettra de dessaler. Une soixantaine de spécialistes exploiteront le réacteur.

Comme une Kalachnikov

Ces petites unités mobiles sont destinées à subvenir au besoin en énergie de villes côtières du Nord de la Russie. Douze pays, notamment l'Indonésie et l'Algérie, ont également fait part de leur intérêt. Selon Konstantin Pulikovsky, qui dirige l'entreprise russe Rostekhnadzor chargée de construire les centrales, ces dernières sont "absolument sûres et n'entraînent aucune menace de radiation sur l'environnement". Sergey Obozov, le directeur général de Rosenergoatom, le groupe russe à l'origine du projet, a quant à lui comparé la fiabilité des centrales avec celle du fusil Kalachnikov.

Les écologistes sont plus dubitatifs. Greenpeace estime qu'il s'agit d'une idée folle qui consiste à mettre "Tchernobyl sur le Titanic", selon le quotidien britannique The Guardian. Et l'ONG de souligner qu'"au moins 100 accidents", plus ou moins graves, ont ponctué l'histoire des sous-marins nucléaires russes. D'autres associations anti-nucléaires évoquent également la cible pour des actions terroristes que représentent ces centrales flottantes.

(1) Le réacteur KLT-40C utilisé dans des brise-glaces russes est exploité depuis plus de 35 ans dans le Grand Nord. Les plus puissantes centrales nucléaires russes produisent jusqu'à 4.000 mégawatts d'électricité chacune.

Par Matthieu DURAND avec agence le 20 avril 2007 à 07:00
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Sciences
  

2 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • bordelaise30, le 11/07/2010 à 14h00

    Tu as raison c'est vachement intelligent comme idée. Comme ça si il y a un accident c'est l'océan qui est touché. Mais ce n'est pas grave l'homme peux vivre sans la mer n'est-ce pas ?

  • Sebastien, le 20/04/2007 à 10h31

    Je trouve que c'est une excellente idée pour de nombreuses raisons : l'utilisation de l'eau de mer proche de zéro degré devrait fortement favoriser le refroidissement de ce genre de matériel et donc le fiabiliser. Par ailleurs, cette centrale est aussi un centre de géothermie et une usine de désalénisation. Et pour finir, en cas de gros incident genre Thernobyl, la centrale de très modeste taille est en mer et non pas proche d'une ville, ce qui limitera les dégâts. De plus, l'eau absorbe la radioactivité. Seul hic, il faut s'assurer que la Russie se donnera les moyens d'entretenir son matériel hi-tech, non pas comme celui de l'ex-armée Soviétique...

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience