Une centrale nucléaire (archives) © LCILa parution mercredi au Journal Officiel du décret autorisant EDF à construire le réacteur nucléaire EPR (1) de Flamanville, dans la Manche, provoque l'indignation d'une partie de la classe politique. Le candidat centriste François Bayrou a estimé mercredi que ce décret, pris "12 jours avant une élection, en douce, en catimini sans que le véritable débat ait eu lieu" était "totalement anti-démocratique". Pour le Parti socialiste, "cette décision est révélatrice d'une conception de la politique qui fait fi du débat transparent et ouvert en matière énergétique".
Dans les rangs écologistes, Dominique Voynet trouve "accablant de constater que ce gouvernement, à la veille de quitter le pouvoir, cède à la mauvaise tradition de signer en vrac toute une série de textes qui permettent de satisfaire des clientèles et de servir une conception étriquée de l'intérêt général". José Bové a lui estimé qu'il s'agissait d'une "provocation". Le candidat à la présidentielle a appelé "toute la gauche, tous les écologistes, tous ceux qui refusent que leurs enfants soient soumis au diktat des nucléocrates à s'opposer à cette construction inutile et dangereuse".
Greenpeace, qui va attaquer le décret en justice et déposer un recours en annulation devant le Conseil d'Etat, a dénoncé une décision "irresponsable" prise "dans la précipitation pré-électorale". L'organisation écologiste a demandé aux candidats à l'Elysée de s'engager à annuler le décret en cas de victoire. Cap 21 parle d'une "technologie obsolète" au coût "élevé" et critique la gestion du gouvernement "à la solde des clans et des lobbies".
Mise en service en 2012
A droite, Nicolas Sarkozy s'est récemment dit en faveur du "maintien et du renouvellement" du "parc nucléaire", tandis que l'UMP estime que la construction d'un tel réacteur est nécessaire pour être prêts lors du renouvellement des centrales plus anciennes.
Chez EDF, on écarte la polémique en évoquant "une étape importante, qui conforte le planning de réalisation industrielle du projet". Ce réacteur de troisième génération de 1650 MW, doit être édifié sur les falaises du Cotentin au sein du site de 120 hectares du centre de Flamanville, qui comprend déjà deux réacteurs de 1300 MW mis en service il y a 20 ans.
Sa construction, qui doit commencer à la fin de l'année, pour une mise en service prévue en 2012, "contribuera de manière décisive au maintien de l'indépendance énergétique de la France et de l'Europe", fait valoir EDF. Selon un sondage Louis Harris pour 20 minutes/RMC, 78% des Français sont favorables au développement des énergies renouvelables contre 19% qui défendent le maintien du nucléaire.
D'après agence
(1) European Pressurised water Reactor / Réacteur européen à eau sous pression
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