Des cancers liés au radon, le "gaz des maisons"

le 15 mai 2007 à 10h34 , mis à jour le 15 mai 2007 à 10h44

Des experts rappellent mardi que ce gaz inodore, qui se concentre dans l'habitat mal ventilé, provoque des cancers du poumon. Le risque est particulièrement élevé pour les fumeurs.

[Expiré] maison village ruelle habitat logement © sxc.hu

Minimiser le risque de cancer du poumon lié à l'exposition au radon, gaz radioactif d'origine naturelle, "constituerait un acte de négligence", mettent en garde deux experts dans un numéro spécial du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) publié mardi.

Le tabagisme étant à l'origine de la grande majorité des cancers du poumon à travers le monde, les "mesures préventives et les actions correctives contre le radon doivent être menées de front avec la lutte contre le tabagisme", ajoutent Zhanat Carr, de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), et Hajo Zeeb, de l'Université de Mayence (Allemagne).

Classé cancérogène pulmonaire certain par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), une agence de l'OMS, le radon se concentre dans l'habitat mal ventilé, rappelle Olivier Catelinois (Institut de veille sanitaire). L'exposition domestique à ce gaz inodore, issu de la désintégration de l'uranium présent dans la croûte terrestre, serait à l'origine de 5% à 12% des décès par cancer du poumon en France, selon l'étude réalisée par Olivier Catelinois et son équipe. Soit pour l'année 1999, de 1.234 à 2.913 des 25.134 décès par cancer du poumon survenus en France métropolitaine, ajoute-t-il.

"La prise en compte de l'interaction tabac-radon montre que le risque serait trois fois plus élevé chez les fumeurs", chez qui 8 à 11% des décès par cancer du poumon pourraient être attribuables à l'exposition domestique au radon, soulignent ces chercheurs. Dans les régions où les habitations présentent des niveaux élevés de radon, comme la Bretagne et la Corse, le radon causerait plus de 20% des décès annuels par cancer du poumon, précisent dans une autre étude Philippe Pirard (InVS) et ses collègues.

9% des Français très exposés

Environ 76% des Français sont exposés à des concentrations inférieures à 100 becquerels/m3, 15% à des concentrations comprises entre 100 et 199 Bq/m3 et 9% à des concentrations supérieures à 200 Bq/m3. Selon Olivier Catelinois, 27% du nombre estimé de décès par cancer du poumon attribuables à l'exposition domestique au radon surviendrait parmi les 9% de Français les plus exposés. Un becquerel correspond à une désintégration par seconde.

D'après une étude sur neuf pays européens publiée fin 2004 dans une revue médicale britannique, 9% des décès par cancer du poumon sont attribuables au radon présent dans les habitations et le risque de cancer de poumon augmente de 8,4% pour chaque accroissement de 100 Bq/m3 de la concentration en "radon mesuré". A exposition égale au radon, le risque de cancer du poumon est environ 25 fois plus élevé pour les fumeurs que pour les personnes n'ayant jamais fumé, selon cette étude dirigée par Sarah Darby (Université d'Oxford).

D'après agence

le 15 mai 2007 à 10:34
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1 Commentaires

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  • Regis, le 15/05/2007 à 14h50

    En bretagne on connait bien le halon, depuis longtemps, normal notre region est un enorme bloc de granit... donc pour eviter toute accumulation de radon, on ventile regulierement....

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