Sarkozy veut des quotas pour le CO2 des avions

Par D.H. (avec agence), le 26 juin 2007 à 12h59 , mis à jour le 26 juin 2007 à 13h07

En inaugurant le S3 à Roissy mardi, le président a souligné que le transport aérien était "le seul à utiliser sans taxation des carburants fossile".

TF1-LCI : Nicolas Sarkozy inaugure, avec Christine Lagarde et Jean-Louis Borloo, le nouveau satellite d'embarquement de Roissy, le 26 juin 2007Nicolas Sarkozy inaugure, avec Christine Lagarde et Jean-Louis Borloo, le nouveau satellite d'embarquement de Roissy, le 26 juin 2007 © TF1-LCI

Si les émissions de CO2 des transports aériens ne représentent que 3% des émissions de CO2 de l'UE, elles ont augmenté de 87% depuis 1990 et pourraient encore connaître une hausse de 150% en 2012. Et leur impact réel est deux à trois fois supérieur, du fait de la circulation des avions en haute altitude. Du coup, Nicolas Sarkozy, qui inaugurait mardi matin le nouveau satellite d'embarquement de Roissy (voir les images), baptisé "S3", a souhaité "que des quotas d'émissions de CO2 s'appliquent désormais au transport aérien", appuyant ainsi les propositions européennes de plafonner les émissions de gaz à effet de serre des compagnies aériennes à partir de 2011.

Pour les vols hors UE, opérés par des compagnies européennes ou non européennes et responsables de la moitié des émissions, le commissaire aux transports Jacques Barrot a obtenu un délai supplémentaire d'un an. Dans le cadre du Protocole de Kyoto de lutte contre le réchauffement climatique, l'UE doit avoir réduit ses émissions de 8% d'ici 2012 par rapport à 1990. Mais à ce jour, seuls 11.400 sites industriels "énergivores" -centrales électriques, cimenteries, papeteries...- sont soumis à des réductions d'émissions dans le cadre des plans nationaux de quotas. En cas de dépassement, elles doivent racheter des quotas d'émissions sur le marché européen du CO2.

Toutes les compagnies concernées

"L'essor inégalé du transport aérien (...) contribue à sa manière à l'unité de l'Europe, au développement des échanges, au contact des cultures. Mais il est aussi le seul à utiliser sans taxation des carburants fossiles et nous ne pouvons plus ignorer son empreinte sur l'environnement", a affirmé le chef de l'Etat. "Il n'est bien évidemment pas question de n'appliquer cela qu'aux compagnies européennes : pour une destination donnée, toutes les compagnies doivent être concernées ou aucune", a-t-il estimé.

Pour Nicolas Sarkozy, attribuer des quotas à l'aviation permettra "d'encourager les technologies propres et rétablira l'équité entre modes de transport". Réagissant à ces propos, le PDG d'Air France Jean-Cyril Spinetta a jugé cette perspective "possible".

Une charte pour Roissy sous un an

Lors de cette inauguration, Nicolas Sarkozy s'est aussi déclaré mardi favorable à la mise en oeuvre, d'ici un an, d'une "charte pour le développement durable" de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Au cœur du dossier : la pollution sonore et une meilleure protection des riverains, et dans le même temps le développement de Roissy. "Il existe des dizaines de solutions concrètes pour cela (...) Il faut les étudier, en discuter avec les opérateurs, les élus, les riverains", estimé le président qui a demandé à Dominique Bussereau et Pierre Graff, PDG d'Aéroport de Paris, de "lancer ensemble la négociation d'une charte".

Nicolas Sarkozy a aussi affirmé qu'il voulait "augmenter d'un quart d'ici 2012 la part de marché du fret non routier".

Par D.H. (avec agence) le 26 juin 2007 à 12:59
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