Pékin : des roquettes feront la pluie et surtout le beau temps ...

Par Propos recueillis par Agathe DESCAMPS, le 20 juillet 2007 à 09h46 , mis à jour le 20 juillet 2007 à 10h24

La Chine a annoncé qu'elle lancerait des roquettes lors des JO de Pékin en août 2008 pour percer d'éventuels nuages porteurs de pluie. Effet d'annonce ou réalité?

soleil nuage ciel chaleur canicule température © TF1/LCI.fr

LCI.fr : Est-ce possible scientifiquement ?
Jean-Louis Brenguier : Il est toujours possible d'injecter des poussières dans les nuages, mais cela ne veut pas dire que le résultat est garanti. L'organisation météorologique mondiale rend régulièrement des rapports sur ce phénomène qui ne démontrent aucun résultat.
 
LCI.fr : Cela semble tout de même un peu farfelu...
J-L.B : Non, ce n'est pas farfelu puisque le nuage est un phénomène microphysique. Or il est toujours possible du jouer sur les composants d'un phénomène physique. D'ailleurs, les hommes cherchent depuis plus de cinquante ans si l'injection des particules a un effet sur le nuage, mais jusqu'à aujourd'hui aucune recherche n'a permis de démontrer qu'on pouvait augmenter ou diminuer les précipitations ni réduire la grêle.
 
LCI.fr : Pourquoi cette volonté de jouer sur le temps ?
J-L.B : Tout simplement pour réduire la sécheresse, par exemple en Afrique. Des pays agricoles cherchent eux à réduire la grêle. Enfin, certains, comme La Chine  font cela uniquement pour que le beau temps prédomine lors d'un événement important. La Russie, elle, lance des roquettes le jour du défilé des militaires. 
 
LCI.fr : Concrètement et surtout scientifiquement, comment cela se passe-t-il ?
J-L.B : Dans les années 50, on a réalisé que les particules de nuages se formaient sur les poussières atmosphériques. Un nuage créé de la pluie lorsque l'eau est rassemblée en très grosses particules. Comme elles sont lourdes, elles tombent tout simplement. Si on veut de la pluie, on va donc ajouter des grosses particules. A l'inverse, un nuage ne fabrique pas de pluie si les particules sont trop dispersées. Du coup, on injecte des milliers de petites particules. 
 
LCI.fr : Le mécanisme étant connu, pourquoi est-ce si difficile d'agir sur la pluie et le beau temps ?
J-L.B : Parce que lorsque nous travaillons en laboratoire, nous recréons des petits nuages. Sur ces nuages, ce mécanisme fonctionne. En revanche, à l'échelle réelle, nous ne pouvons le vérifier. Cela s'appelle  « le paradoxe de la modification du temps ». Notre acte a un impact uniquement sur la structure du nuage mais il n'y a pas de suite logique. Par exemple, si je lance un caillou sur le pare-brise d'un camion, je vais éventuellement briser le pare - brise mais en aucun cas le camion qui a une puissance bien supérieure à mon caillou. Le nuage, c'est pareil : il contient une telle force énergétique (l'équivalent de plusieurs centrales nucléaires) qu'il est impossible de le manipuler.  Par exemple, les Israéliens tentent depuis des années de démontrer qu'ils peuvent agir sur les nuages et créer de la pluie pour l'agriculture mais ça ne marche pas. Enfin, dans les pays africains, des avions passent au dessus des nuages et injectent de l'eau comme nous arrosons nos fleurs mais cela n'a aucun impact.

Par Propos recueillis par Agathe DESCAMPS le 20 juillet 2007 à 09:46
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1 Commentaires

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  • Nom, le 20/07/2007 à 10h34

    Ce procédé est souvent utilisé par les agriculteurs...

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