Le lâcher de l'ourse slovène Franska dans les Hautes-Pyrénées (archives). © TF1/LCILa secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet tente aujourd'hui à Toulouse de débloquer une crise complexe née de la réintroduction, depuis 2006, d'ours slovènes dans le massif pyrénéen. Son mot d'ordre est l'apaisement, alors que l'affaire divise, parfois de façon passionnelle, pro et anti-ours de la région. "Ce qu'on recherche dans le plan ours, c'est favoriser la coexistence", expliquait-elle à quelques heures de la rencontre, qui se tient depuis jeudi matin à la Préfecture de région. "Ce que je veux, c'est que, sans a priori, on puisse avoir une discussion sur les bonnes conditions de la coexistence. Est ce que cela va vers plus de mesures pour le pastoralisme, est-ce-que cela suppose de mieux définir une zone de présence de l'ours, ce sont des discussions qu'on peut avoir".
Parmi les ours slovènes relâchés dans les Pyrénées, le cas de Franska est devenu le plus emblématique et cristallise les mécontentements. Pour les éleveurs, Franska, "ours atypique et dangereux doit être repris, capturé et retiré des Pyrénées", et les autres plantigrades slovènes doivent être soumis à une mesure de cantonnement. Une nouvelle polémique est d'ailleurs née quelques heures avant la visite de la secrétaire d'Etat à l'Ecologie avec les révélations du Canard Enchaîné sur l'âge de Franska, qui "n'aurait pas 7 ans, comme l'ont vanté nos fournisseurs slovènes, mais 17" ce qui empêcherait cette "vieille ourse ménopausée de donner naissance à des petits Winnie oursons". Une information confirmée du bout des lèvres par Nathalie Kosciusko-Morizet, qui a reconnu sur France 2 que l'ourse est "plus âgée que ce qui a été convenu avec les slovènes" tout en soulignant qu'une ourse pouvait avoir des petits tout au long de sa vie.
Prendre le temps d'écouter
Quoi qu'il en soit, la ministre s'est déclarée décidée à "écouter les propositions des uns et des autres" sur ce dossier qui déchaîne les passions dans la région. Preuve de cette volonté affichée, la réunion qui se tient en ce moment à la Préfecture de région regroupe une bonne centaine de personnes, dont les élus (députés, sénateurs et maires), les professionnels, les associations et les préfets des quatre départements concernés par le problème : Hautes-Pyrénées, Ariège, Haute-Garonne et Pyrénées-Atlantiques.
Tout est-il négociable ? Interrogée sur la possibilité de cantonner les ours en créant des réserves, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie a indiqué qu'elle "n'aimait" pas le mot cantonnement et qu'elle préférait parler de "coexistence et de zone de présence" en soulignant qu'il "y a plusieurs façons d'encadrer la présence y compris géographiquement". Mais surtout, pour elle, "l'idée est de se donner le temps de s'écouter". Car aujourd'hui, les positions semblent irréconciliables, entre la satisfaction de certains maires et des mouvement écologistes favorables à la réintroduction, et le mécontentement grandissant des éleveurs, soutenus par de nombreux élus locaux, qui dénoncent un "prédateur" de plus en plus "dangereux" pour les troupeaux et les promeneurs.
Avec Agence
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