Les dégâts en Martinique, après le pssage de l'ouragan Dean © LCIAux désastres écologique et humain vient désormais se greffer le désastre économique. Après le passage de l'ouragan Dean, les Martiniquais font les comptes, et en appellent à l'aide de l'Etat. L'Union des producteurs de bananes de Guadeloupe et de Martinique - où la totalité des exploitations ont été détruites -, a estimé les dégâts entre 100 et 120 millions d'euros. La culture de la banane constitue la principale activité agricole locale et les ravages de Dean menacent les emplois de 15.000 à 18.000 personnes.
Eric de Lucy, président de l'Union des producteurs de bananes des deux îles, a demandé samedi sur France info l'aide de l'Etat : "Ce sont des conséquences considérables, puisqu'il ne reste plus un seul pied de banane debout en Martinique, et que la bananeraie est touchée à plus de 80% en Guadeloupe". Le secteur, premier employeur privé des Antilles, est soutenu financièrement par l'Union européenne dans le cadre de la politique agricole commune et tente depuis plusieurs années d'enrayer une crise. Les bananes des Antilles fournissent environ 10% du marché communautaire. Selon Eric de Lucy, il faudra sept mois pour revenir en production, et plus longtemps pour retrouver son potentiel de 300.000 tonnes annuelles.
"La solidarité nationale s'exercera"
Le chef de l'Etat à d'ores et déjà promis l'aide de l'Etat aux producteurs ainsi qu'à toutes les victimes de l'ouragan. "Je veux sans attendre exprimer ma profonde sympathie et mon soutien personnel. Je veux aussi que vous sachiez que l'Etat sera présent à vos côtés car la France de métropole et la France d'Outre-mer constituent une unité indivisible", a déclaré le président. Le secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer Christian Estrosi, qui s'est rendu samedi en Martinique, s'est lui engagé à "prendre toutes les mesures" pour une remise en état des exploitations agricoles "le plus rapidement possible". De son côté, le Premier ministre va convoquer une réunion interministérielle au début de la semaine prochaine.
Les dégâts provoqués par Dean sont sans précédent depuis plus de 20 ans. Outre la culture de bananes, la culture canne à sucre et le réseau électrique ont connu d'importants dommages. 110.000 personnes restaient privées d'électricité samedi, l'alimentation de l'île ayant été presque totalement coupée au plus fort de l'ouragan. "Il faudra plusieurs jours, voire plusieurs semaines, pour que nous soyons en mesure de rétablir le courant chez l'ensemble de nos clients" en Martinique, a précisé EDF. Et si les constructions en dur de la Martinique ne semblent pas avoir trop souffert du cyclone, l'habitat précaire, où vit toujours une part importante des 400.000 habitants de l'île, est très gravement endommagé. Pour l'heure, Dean a fait au moins deux morts en Martinique : un homme de 90 ans décédé d'une crise cardiaque à son domicile et une femme de 76 ans qui aurait fait une chute. Six autres personnes ont été blessés.
Dean : direction la Jamaïque
2450 fonctionnaires ont été mobilisés pour organiser les secours et déblayer les routes bloquées. Soixante pompiers militaires sont partis de Paris ainsi que 30 pompiers des Alpes-Maritimes. L'île voisine, la Guadeloupe, devait de son côté envoyer 65 pompiers. Elle a été touchée plus faiblement par l'ouragan qui y a néanmoins privé d'électricité 10.000 foyers. Un numéro vert d'information, le 0 800 836 019, a été mis à la disposition des familles par le gouvernement.
Après des rafales jusqu'à 170 km/h sur la Martinique vendredi, Dean était désormais en catégorie 4, accompagné de vents soufflant à 240 km/h avec, localement, des rafales plus fortes. Un cyclone passe en catégorie 5 -ouragan extrême- quand le vent atteint 249 km/h. De fortes bourrasques avec pluies orageuses approchaient de l'île d'Hispaniola que se partagent la République dominicaine et Haïti et les autorités mexicaines commençaient samedi soir à évacuer habitants et touristes du littoral de la mer des Antilles.
Retour anticipé pour Endeavour ? |
Deux astronautes de la navette spatiale américaine Endeavour ont entamé samedi une quatrième et dernière sortie dans l'espace, écourtée par rapport au programme en raison des risques posés sur Terre par le cyclone Dean. L'agence spatiale américaine a choisi d'écourter la mission en orbite pour permettre à l'équipage de la navette de préparer son retour sur Terre dès mardi au lieu de mercredi. |
D'après agence
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