© AFP - JOSE NAVARROLa dépouille du plantigrade percutée successivement par deux voitures vers 06h30 jeudi matin, près de Viger, a été transportée à l'Ecole vétérinaire de Toulouse afin d'y être autopsiée. L'accident n'a fait aucune victime humaine. Introduite en avril 2006 dans les Pyrénées et ayant hiberné dans la région de Lourdes, Franska avait déjà été aperçue à plusieurs reprises traversant cet axe routier. Son retour dans la région avait été signalé dimanche.
Dans les Pyrénées, les ourses font des oursonnes
Sur les six oursons nés ces deux dernières années dans les Pyrénées, cinq sont des femelles, a annoncé jeudi l'association Pays de l'Ours, Adet, dans un communiqué.
Publié le 06/01/2011
L'ourse a été écrasée en traversant deux fois deux voies reliant Lourdes à Argelès-Gazost, longeant le gave de Pau, alors qu'elle venait du massif du Pibeste et se dirigeait vers le massif de Hautacam. Elle a été accrochée vers 06h30 par un premier véhicule et projetée de l'autre côté de la route où elle a été écrasée par une seconde voiture, selon des témoignages reccueillis sur place. Son chauffeur, un militaire, n'a pas été blessé mais le véhicule est hors d'usage, a indiqué la gendarmerie.
Cette ourse slovène avait été lâchée le 28 avril 2006 sur la commune de Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées). Elle avait attaqué depuis des troupeaux à plusieurs reprises, tuant près de 150 brebis, ce qui lui avait valu d'être cataloguée comme "ourse à problème" par nombre de responsables locaux. "Si on nous avait écoutés, Franska vivrait des jours heureux et paisibles en Slovénie", a commenté, en apprenant sa mort, l'un des opposants à la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées, Bernard Moules, secrétaire général de la FDSEA de Midi-Pyrénées.
Les Verts réclament d'autres introductions d'ourses
Attendant les résultats de l'autopsie, l'association Ferus, qui défend la présence de l'ours, du loup et du lynx en France, confirme que la mort de l'ourse est due à un accident. "Après Palouma, morte en 2006, ce sont deux des quatres femelles 'slovènes' qui sont mortes, explique à LCI.fr Sandrine Andrieux, porte-parole de l'association. C'est un nouveau coup dur pour le plan Ours." Et Ferus de demander que ces deux ourses mortes soient remplacées afin que la présence du plantigrade soit assurée dans les Pyrénées.
Les Verts ont réclamé jeudi l'introduction de nouvelles ourses pour sauvegarder l'espèce dans les Pyrénées. "Avec la mort, ce matin, de Franska, il ne reste que deux ourses sur les quatre femelles réintroduites : moins que le seuil nécessaire pour éviter la disparition de l'ours dans les Pyrénées", a déclaré le porte-parole national des Verts, Yann Wehrling.
Palouma victime d'une chute accidentelle
L'animal pesait 110 kilogrammes lors de son lâcher. Les autorités slovènes avaient évalué son âge à sept ans, mais il aurait en fait été bien plus âgé. De nombreux éleveurs, relayés par leurs élus, réclamaient avec virulence une capture du plantigrade. Cette option avait été rejetée fin juillet par la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, venue à la rencontre des "anti-ours". Mais la responsable gouvernementale avait alors promis pour l'automne une évaluation "à mi-parcours" du plan de restauration de l'ours dans le massif pyrénéen, qui doit s'étendre de 2006 à 2009.
Franska avait été relâchée dans les Pyrénées avec quatre autres plantigrades venus aussi de Slovénie. L'un de ses congénères, Palouma, avait été retrouvée morte quelques semaines plus tard, apparemment victime d'une chute accidentelle. Avant l'arrivée des ours slovènes, les Pyrénées ne comptaient plus que 14 à 18 ours. Ils étaient des centaines il y a un siècle.
Avec Agence
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