Le lâcher de l'ourse slovène Franska dans les Hautes-Pyrénées (archives). © TF1/LCILCI.fr : Quelle est la situation des ours slovènes introduits dans les Pyrénées l'an passé ?
Frédéric Decaluwe (1) : Sur les cinq ours slovènes relâchés en 2006, deux sont morts : Palouma, en août 2006, et Franska, ce jeudi. Restent un mâle, Balou, et deux femelles, Sarousse et Hvala. Cette dernière a donné naissance à deux oursons qui vont rester avec elle jusqu'au printemps prochain, si tout se passe bien. Hvala et ses oursons se trouvent dans une zone située à la limite de l'Ariège et de la Haute-Garonne ; Sarousse est en Espagne, mais dans une zone pas très éloignée de Hvala. Balou, en revanche, a été plus actif au printemps car il était en rut et recherchait une partenaire. Il se trouve actuellement en Espagne, dans une vallée proche d'Andorre.
LCI.fr : Comment suivez-vous leurs déplacements ?
F. D. : Les trois ours sont équipés chacun d'un collier émetteur qui transmet des données via GPS. Il est programmé pour se détacher automatiquement quand les batteries seront vides, ce qui est prévu à l'automne. Par ailleurs, chaque ours est équipé d'un émetteur intra-abdominal qui porte moins loin que le collier mais qui fonctionnera pendant deux à trois ans. Les émissions passent par le réseau téléphonique mobile donc il arrive qu'on perde leurs traces pendant trois jours à deux semaines s'ils se trouvent dans une zone non couverte [par une antenne, NDLR]. Nous nous rendons alors sur le terrain avec une antenne et un récepteur.
LCI.fr : Faites-vous également des observations sur le terrain ?
F. D. : Oui, nous le faisons pour les ours équipés et pour les autres. Nous nous appuyons sur les empreintes, les poils, les crottes, les témoignages visuels... A partir de ces divers éléments, nous pouvons réaliser des analyses en laboratoire.
LCI.fr : Les ours slovènes se comportent-ils comme les ours pyrénéens ?
F. D. : Il y avait déjà eu une introduction d'ours slovènes en 1996 donc on a un peu de recul maintenant. En fait, ils n'ont pas de comportement particulier : ils explorent le même territoire, ils ont le même régime alimentaire et font les mêmes types de déplacements.
LCI.fr : De quoi se nourrissent les ours ?
F. D. : Leur régime alimentaire repose aux trois-quarts sur les végétaux (racines, herbes...). Pour le reste, ils se nourrissent de carcasses d'animaux, d'insectes, parfois de petits animaux comme des souris, et de cheptel domestique.
LCI.fr : Comment le public peut-il se tenir informé sur l'état des ours et sur leurs déplacements ?
F. D. : Un serveur vocal donne des informations mises à jour quotidiennement : 05 62 00 81 10. Sinon, il existe un site internet dédié : ours.ecologie.gouv.fr.
Ours sous surveillance |
L'équipe technique Ours de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) est constituée d'une dizaine de personnes chargées du suivi et de sept techniciens pastoraux itinérants. Leurs interventions s'étendent sur toute la chaîne pyrénéenne, y compris en Espagne, en collaboration avec leurs collègues ibériques. |
(1) Frédéric Decaluwe est ingénieur adjoint à l'Equipe technique Ours de l'ONCFS.
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