© LCI/TF1"Le changement climatique est un problème réel et croissant et les êtres humains y contribuent". Et loin de s'en désintéresser comme certains pays les en accusent, les Etats-Unis prennent "très au sérieux le changement climatique car ils sont à la fois une puissance économique majeure et un grand émetteur de pollution". Le propos est inédit dans la bouche de la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice. Ils ont été prononcés ce jeudi devant les délégués d'une quinzaine de pays invités par les Etats-Unis à une "réunion des plus grandes économies sur la sécurité énergétique et le changement climatique".
Avec cette réunion, sur deux jours, des 17 Etats ou organisations internationales représentant les plus grandes économies (1), mais aussi les plus grands pollueurs de la planète, George W. Bush, qui doit intervenir en personne vendredi après sa secrétaire d'Etat, veut reprendre l'initiative sur la question de la lutte contre le changement climatique. Mais alors que l'Europe et la communauté scientifique font pression pour adopter des objectifs contraignants pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, l'approche de l'administration Bush met l'accent sur les changements technologiques et les actions volontaires de la part des entreprises et des gouvernements.
Objectif : la Conférence de Bali
Cette conférence intervient deux mois avant la Conférence de Bali qui doit élaborer un plan de réduction des gaz à effet de serre, pour succéder au protocole de Kyoto qui expire en 2012. "Nous voulons que la conférence sur le changement climatique en Indonésie soit un succès", a d'ores et déjà assuré Condoleezza Rice. Pourtant, et malgré les protestations américaines, la méfiance est grande vis-à-vis de l'initiative de Washington de la part de certains Européens défenseurs du traité du Kyoto et d'organisations écologistes. En 2001, George W. Bush avait refusé de signer le protocole de Kyoto, l'estimant ruineux pour l'économie américaine, et parce qu'il ne demandait pas d'engagement des pays en développement notamment la Chine, deuxième pollueur de la planète.
Signe des temps, ces deux jours de réunion interviennent tout juste après un sommet de l'ONU à New-York sur le sujet. Le chef de l'ONU Ban Ki-moon a appelé lundi les délégués à "une prise de responsabilités sans précédent" pour lutter contre le défi du changement climatique. George W. Bush n'était pas présent.
(1) L'Union Européenne, la France, l'Allemagne, l'Italie, le Royaume-Uni, le Japon, la Chine, le Canada, l'Inde, le Brésil, la Corée du Sud, le Mexique, la Russie, l'Australie, l'Indonésie, l'Afrique du Sud et les Nations unies
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