Jean-Louis Borloo, le 13 juillet 2007 © TF1-LCILe Grenelle de l'environnement connaît son premier couac majeur. Les 9 associations et organisations écologistes impliquées cette grande mise à plat des principales questions liées au développement durable (OGM, nucléaire, pollutions...) ont adressé lundi une lettre ouverte à Jean-Louis Borloo. Elles demandent au ministre de l'Ecologie de préciser la manière dont va se dérouler le Grenelle.
Quand se tiendra l'événement ? Sous quelle forme ? Quels sujets seront abordés ? Autant de questions pour l'instant sans réponse. Or, des réunions préparatoires se succèdent depuis le début de l'été. Les représentants des organisations écologistes, des pouvoirs publics, du monde du travail, des collectivités territoriales et de divers organismes professionnels et scientifiques y débattent sur des thématiques précises : OGM, déchets, changements climatiques, biodiversité, santé, compétitivité et emploi, démocratie et gouvernance, production et consommation.
Les idées foisonnent sans que des accords parviennent forcément à se dégager. Mais, aux dires de nombreux participants, l'essentiel réside justement dans ces débats entre des organismes qui ne se fréquentaient pas ou s'opposaient avec véhémence. Or, alors que les ateliers vont bientôt se terminer, nul ne sait encore ce qu'il va rester de cette masse de propositions.
Menace de suspension
Et les ONG écologistes sont inquiètes. Au point que certaines d'entre elles, dont Greenpeace et Les Amis de la Terre, sont prêtes à "suspendre" leur participation au Grenelle si Jean-Louis Borloo n'apporte pas de "clarification" au processus, comme l'a indiqué à LCI.fr Yannick Jadot, porte-parole de Greenpeace. Une démarche qui ne fait pas l'unanimité : "La stratégie de l'affrontement et de la dénonciation n'a rien donné depuis vingt ans", souligne à LCI.fr Arnaud Gossement, porte-parole de France Nature Environnement. Cette fédération d'associations écologistes est bien décidée à aller jusqu'au bout du processus, quitte à ne pas approuver les décisions finales si elles sont en contradictions avec l'esprit des premiers ateliers.
Même son de cloche à Ecologie sans frontière, qui revendique la paternité du Grenelle de l'environnement. "Il faut donner une image de l'écologie participative et concrète", justifie son président, Franck Laval. "Nous sommes dans une phase expérimentale avec des gens qui ne sont pas habitués à ce type de processus", pointe-t-il pour expliquer le flou qui entoure l'événement. Franck Laval reste persuadé que des mesures concrètes jailliront du Grenelle, évoquant déjà des "avancées sur les OGM, la biodiversité et l'agriculture". Et d'avertir que "sortir du Grenelle avant même que l'on ait commencé à négocier" sera difficile à justifier auprès de l'opinion publique et des militants.
Dans un premier temps, le cabinet du ministre a invité les responsables des 9 signataires à un dîner dimanche soir en compagnie de Jean-Louis Borloo. "Nous ne voulons pas d'un dîner mais d'une réunion de travail", rétorque Anne Bringault, directrice des Amis de la Terre. Finalement, le ministère a accepté jeudi d'organiser cette réunion... avant un "buffet dînatoire", selon les termes du cabinet du ministre. De cette soirée de dimanche dépendra donc l'avancée du Grenelle de l'environnement. Et l'unité du mouvement écologiste.
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