Pesticides : une situation "très grave" selon Barnier

le 17 septembre 2007 à 08h58 , mis à jour le 17 septembre 2007 à 14h26

Le cancérologue Dominique Belpomme rendra public mardi un rapport accablant selon lequel, Martinique et Guadeloupe sont "empoisonnées".

Pulvérisation de pesticides dans une bananeraie aux AntillesPulvérisation de pesticides dans une bananeraie aux Antilles © TF1/LCI

Lundi matin sur Europe 1, le ministre de l'Agriculture Michel Barnier a estimé que la situation était "très grave" aux Antilles. Le ministre a expliqué que cette situation était imputable à une gestion dans le passé qui a "des conséquences sanitaires aujourd'hui", notamment sur la "qualité des terres". "Nous traiterons la question du chlordécone, en ce qui nous concerne, avec
la plus grande transparence
", a-t-il encore assuré. Il a fait valoir qu'après le désastre du cyclone Dean, qui a ravagé en août de multiples plantations de bananes, l'occasion se présentait de replanter "avec peu ou pas de pesticide, d'aller vers la banane zéro pesticide".

Martinique et Guadeloupe ont été "empoisonnées" par les pesticides, estime quant à lui le cancérologue Dominique Belpomme, auteur du rapport qui sera rendu public mardi à l'Assemblée nationale. "Les expertises scientifiques que nous avons menées sur les pesticides conduisent au constat d'un désastre sanitaire aux Antilles", estime le professeur à l'hôpital George-Pompidou, selon qui, "il s'agit d'un véritable empoisonnement de la Martinique et de la Guadeloupe".
 
Cancer de la prostate
 
D'après le cancérologue, qui a conduit récemment une mission scientifique dans ces deux départements d'Outre-mer pour mesurer les conséquences de l'usage massif de pesticides par l'agriculture antillaise, "l'empoisonnement concerne le sol et l'eau". Parmi les produits incriminés figurent "le chlordécone, le paraquat (interdit très récemment) et plusieurs dizaines d'autres pesticides utilisés dans des conditions opaques", explique le professeur Dominique Belpomme.
 
Il a constaté que le taux des cancers de la prostate est "majeur" aux Antilles mais que les scientifiques n'ont "pas encore la preuve épidémiologique" qu'ils sont "liés au chlordécone", un produit que "la France a interdit en 1990 sur son territoire, sauf... aux Antilles", a-t-il précisé. 
 

(D'après agence)

le 17 septembre 2007 à 08:58
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