Vers un gel des cultures transgéniques ?

le 20 septembre 2007 à 13h32 , mis à jour le 20 septembre 2007 à 15h04

Le gouvernement prépare le gel de la commercialisation des OGM, annonce jeudi Le Monde. Les recherches en laboratoire seraient elle toujours autorisées.

[Expiré] [Expiré] Maïs OGM © sxc.hu

Jusqu'à l'adoption d'une nouvelle loi, le gouvernement prépare actuellement "un gel de la commercialisation des semences OGM", croit savoir Le Monde dans son édition datée de vendredi. Le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo aurait confié l'information "à un groupe de parlementaires de la majorité qu'il a reçu lundi 17 septembre", assure le quotidien. Le ministre avait promis en août l'adoption d'une nouvelle loi sur les organismes génétiquement modifiés et la création d'une Haute autorité indépendante pour en  évaluer les risques.
 
Ce "moratoire" de fait sur les cultures commerciales ne s'appliquera cependant pas à la recherche, ajoute Le Monde, selon lequel le ministre espère "obtenir un compromis général lors de la grande table-ronde du Grenelle" fin  octobre. Alors que la dernière réunion du groupe de  travail du Grenelle sur les organismes génétiquement modifiés se tient  vendredi, le ministre de l'Agriculture  Michel Barnier a assuré devant le congrès des céréaliers et des producteurs d'oléagineux jeudi à Tours que la question du gel n'était pas "tranchée".

La prudence du gouvernement
 
Cependant, Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet ont à plusieurs reprises fait valoir le déficit d'expertise indépendante et transparente sur les  OGM en plein champ. Le sort des OGM fait l'objet d'un intergroupe de travail spécifique dans la  préparation du Grenelle, réunissant notamment les semenciers, les agriculteurs, les experts et les associations, tant le sujet est sensible.
 
Le consensus qui se dégage, selon les représentants d'associations et les  experts, porte sur l'incapacité à garantir la non contamination des champs non  OGM par les cultures génétiquement modifiées, quelle que soit la distance de  sécurité retenue. Selon Le Monde, cet argument précis conduirait le gouvernement à la  prudence. En revanche, le Groupement national des industriels de la semence (Gnis), qui représente les producteurs d'OGM, est "opposé à toute discontinuité tant qu'une nouvelle loi n'aura pas été votée et son décret d'application adopté", a  indique Philippe Gratien, directeur-général du Gnis.
 

Les céréaliers en colère

Le gel éventuel par le gouvernement de la commercialisation des semences OGM a suscité de vives réactions jeudi au congrès des céréaliers réuni à Tours. "Démission", ont crié plusieurs congressistes. "Notre réunion est un peu perturbée. Les présidents des producteurs de blé,  de maïs et d'oléagineux vont se réunir pour prendre position avant la venue cet  après-midi du ministre de l'Agriculture Michel Barnier", a déclaré le président de l'association générale des producteurs de blé (AGPB). "Si l'information est confirmée, est-ce que la profession agricole a besoin  de continuer à participer au Grenelle de l'Environnement. C'est tout le problème  de la recherche française qui est posé", a-t-il ajouté. Le président de l'Association générale des producteurs de maïs, a jugé "irresponsable" une telle mesure. "On a la confirmation que l'agriculture est la victime d'une politique spectacle et d'une politique qui se fait uniquement sur la communication", a-t-il ajouté.

le 20 septembre 2007 à 13:32
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Sciences
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience