© sxc.huJusqu'à l'adoption d'une nouvelle loi, le gouvernement prépare actuellement "un gel de la commercialisation des semences OGM", croit savoir Le Monde dans son édition datée de vendredi. Le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo aurait confié l'information "à un groupe de parlementaires de la majorité qu'il a reçu lundi 17 septembre", assure le quotidien. Le ministre avait promis en août l'adoption d'une nouvelle loi sur les organismes génétiquement modifiés et la création d'une Haute autorité indépendante pour en évaluer les risques.
Ce "moratoire" de fait sur les cultures commerciales ne s'appliquera cependant pas à la recherche, ajoute Le Monde, selon lequel le ministre espère "obtenir un compromis général lors de la grande table-ronde du Grenelle" fin octobre. Alors que la dernière réunion du groupe de travail du Grenelle sur les organismes génétiquement modifiés se tient vendredi, le ministre de l'Agriculture Michel Barnier a assuré devant le congrès des céréaliers et des producteurs d'oléagineux jeudi à Tours que la question du gel n'était pas "tranchée".
La prudence du gouvernement
Cependant, Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet ont à plusieurs reprises fait valoir le déficit d'expertise indépendante et transparente sur les OGM en plein champ. Le sort des OGM fait l'objet d'un intergroupe de travail spécifique dans la préparation du Grenelle, réunissant notamment les semenciers, les agriculteurs, les experts et les associations, tant le sujet est sensible.
Le consensus qui se dégage, selon les représentants d'associations et les experts, porte sur l'incapacité à garantir la non contamination des champs non OGM par les cultures génétiquement modifiées, quelle que soit la distance de sécurité retenue. Selon Le Monde, cet argument précis conduirait le gouvernement à la prudence. En revanche, le Groupement national des industriels de la semence (Gnis), qui représente les producteurs d'OGM, est "opposé à toute discontinuité tant qu'une nouvelle loi n'aura pas été votée et son décret d'application adopté", a indique Philippe Gratien, directeur-général du Gnis.
Les céréaliers en colère |
Le gel éventuel par le gouvernement de la commercialisation des semences OGM a suscité de vives réactions jeudi au congrès des céréaliers réuni à Tours. "Démission", ont crié plusieurs congressistes. "Notre réunion est un peu perturbée. Les présidents des producteurs de blé, de maïs et d'oléagineux vont se réunir pour prendre position avant la venue cet après-midi du ministre de l'Agriculture Michel Barnier", a déclaré le président de l'association générale des producteurs de blé (AGPB). "Si l'information est confirmée, est-ce que la profession agricole a besoin de continuer à participer au Grenelle de l'Environnement. C'est tout le problème de la recherche française qui est posé", a-t-il ajouté. Le président de l'Association générale des producteurs de maïs, a jugé "irresponsable" une telle mesure. "On a la confirmation que l'agriculture est la victime d'une politique spectacle et d'une politique qui se fait uniquement sur la communication", a-t-il ajouté. |
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