Borloo annonce une loi OGM "pour la fin mars ou avril"

Par Matthieu DURAND, le 18 octobre 2007 à 15h39 , mis à jour le 19 octobre 2007 à 08h41

Le ministre de l'Ecologie a pour "objectif" de faire adopter à la fin du premier trimestre 2008 un projet de loi sur les cultures transgéniques. Une décision qui semble faire l'unanimité.

[Expiré] [Expiré] maïs céréale OGM © sxc.hu

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Jean-Louis Borloo a indiqué mercredi que les pouvoirs publics souhaitent faire adopter un projet de loi sur les organismes génétiquement modifiés (OGM) à la fin du premier trimestre 2008. "Fin mars ou avril, c'est l'objectif", a-t-il déclaré à Agra Presse après avoir participé à une session de l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture (APCA).

Une période qui intervient "avant les prochains semis de maïs", pointe l'hebdomadaire consacré à l'actualité agro-économique. "J'ai l'engagement du président de la République pour faire (le projet de loi) à toute vitesse", a-t-il précisé lors de cette réunion.

Les propos du ministre de l'Ecologie interviennent alors que la FNSEA, le premier syndicat agricole, a accepté vendredi un gel des cultures de maïs transgénique dans l'attente d'une loi applicable avant les semis du printemps 2008. Une position à laquelle s'est rangée l'APCA.

OGM contre pesticides ?
 
Le débat sur les OGM avait été houleux dans le cadre de la préparation du Grenelle de l'environnement. Plusieurs participants au groupe de travail sur cette question, dont la FNSEA, avaient même menacé de claquer la porte des réunions. Le groupe a finalement proposé l'adoption avant la fin du printemps 2008 d'une loi déclinant les principes du "libre choix de produire et de consommer avec ou sans OGM". Une liberté qui impliquera de mieux encadrer les cultures en plein champ.

Avocat de plusieurs associations écologistes impliquées dans le Grenelle, Me Alexandre Faro refuse pour autant de considérer comme réglé le dossier OGM : "Tout le monde est d'accord pour une loi mais il y a encore débat pour savoir ce que l'on va y mettre", explique-t-il à LCI.fr. "On peut définir des grands principes dans la loi mais le Grenelle ne remplacera pas le Parlement, où les lobbies joueront leur rôle" pour amender le texte, poursuit Me Faro.

"La coexistence
OGM-bio est
matériellement
impossible"

Me Alexandre Faro

"La coexistence de cultures OGM avec des cultures biologiques est matériellement impossible" du fait notamment de la contamination via la pollinisation, souligne l'avocat. Et de marteler : "La décision [sur les OGM] sera difficile à prendre car il n'y aura pas de solution consensuelle" . Selon l'avocat, "la seule garantie serait que le gouvernement décide un moratoire [sur les OGM] et définisse une politique claire" sur cette question. Reste que "le pouvoir du gouvernement ne s'applique qu'aux essais en plein champ et aux essais confinés mais l'autorisation [de commercialisation] des OGM relève de la compétence de Bruxelles".

Pesticides contre bio

Agra Presse rappelle par ailleurs que "le document de travail qui liste les propositions qui seront débattues lors des deux jours de travaux finaux du Grenelle de l'environnement, les 24 et 25 octobre, ne mentionne aucun objectif contraignant de réduction d'utilisation des produits phytosanitaires". Pas de renforcement de la réglementation sur les pesticides, donc. Etait-ce la condition pour que les agriculteurs "avalent la pilule" OGM ? "C'est ce que j'entends depuis le début mais je n'ai pas l'impression qu'il y ait de marchandage de ce type-là", explique Alexandre Faro. "Mon sentiment, c'est que depuis le début, la FNSEA défend avec autant d'acharnement ses positions sur les agrocarburants, les OGM et les pesticides", souligne-t-il.

"Le vrai changement, affirme l'avocat, serait de soutenir de manière forte l'agriculture biologique. Mais les syndicats d'agriculteurs ne veulent pas de cette réforme. La productivité reste le maître-mot."

Par Matthieu DURAND le 18 octobre 2007 à 15:39
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5 Commentaires

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  • Nouchka, le 19/10/2007 à 20h24

    NON AUX OGM, nous en avons assez bavé avec les vaches herbivores à qui on a donné de la viande ce qui a ammené la maladie de la vache folle et des cas de kreutfelds jacob chez l'humain et nous n'avons pas encore mesuré toute l'étendue du problême. Les OGM vons polliniser les culture non OGM et c'est là que la catastrophe va commencer. J'ai vu un reportage sur un malheureux agriculteur qui a du bruller tout son maïs bio car il était contaminé par les OGM. Alors arrêtons de jouer aux apprentis sorciers notre planète s'en portera mieux

  • Jean Michel, le 19/10/2007 à 15h57

    La culture des OGM est inéluctable. Des bateaux de maïs et soja brésiliens arrive en ce moment dans nos ports. Ils sont soit disant "NON OGM". Mais qui l'a vérifié ? Pourquoi GreenPeace n'en parle pas ? Peut être que les OGM brésiliens sont plus digestes que les français !!!

  • Pascal delattre, le 19/10/2007 à 12h33

    Encore un avocat qui fait une crise de nombrilisme aigue !!! avec 25000 morts par jour de malnutrtion !!! parler de l agriculture biologique c'est être un " illetré irresponsable !comme le dit claude allégre : encore un gourou de la secte verte .....

  • Carisa, le 19/10/2007 à 12h05

    Faire des lois;c'est bien;se donner les moyens de les appliquer;c'est mieux;on verra

  • Jean Suquet, le 19/10/2007 à 09h18

    Vous avez dit 0,9% d'OGM ?? 1° - Imaginons que j'aille uriner dans le " tank à lait " de 1 m3 de M. Jean_Michel Lemétayer, producteur de lait et par ailleurs Président de la FNSEA. Son lait contiendra environ 0,025% d'urine, donc un pourcentage bien inférieur à 0,9%. Je suppose que M. Lemétayer ne verrait pas d'objection à ce genre de pratique ? Pour arriver à 0,9% de pollution, il faudrait que 36 personnes urinent dans ce même volume de lait; cela vous donne une échelle de ce que représentent les 0,9% de pollution OGM que l'on veut autoriser. 2° - Les assureurs vous assurent pour tout, dans la mesure où ils peuvent calculer les risques à couvrir. Alors pourquoi l'assureur consulté ne veut-il pas assurer contre les risques de pollution par le maïs OGM ? Réfléchissez-y ! 3° - Les Abeilles butinent dans un rayon de 3 km autour de leurs ruches, voir même 5 km lorsque les fleurs sont plus rares. Alors parler d'une distance de protection de 50 mètres est parfaitement ridicule !

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