Grenelle : pas de nouvelles taxes vertes selon Borloo

Par Matthieu DURAND avec agence, le 04 octobre 2007 à 18h03 , mis à jour le 04 octobre 2007 à 18h15

Le ministre de l'Ecologie a répété mercredi que le Grenelle de l'environnement ne se traduirait pas par la hausse ou la création de taxes. De leur côté, les ONG craignent des mesures "tièdes et sans saveur".

TF1 / LCI Jean-Louis Borloo, lors de l'ouverture du Grenelle de l'environnement, le 27 septembre 2007Jean-Louis Borloo, lors de l'ouverture du Grenelle de l'environnement, le 27 septembre 2007 © LCI
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Le Grenelle de l'environnement n'entraînera pas de nouvelles taxes. Jean-Louis Borloo le martèle depuis la présentation des rapports établis par les groupes de travail, le 26 septembre dernier.

"La protection de l'environnement ne [doit] pas être le prétexte à une hausse globale de la fiscalité", a répété le ministre de l'Ecologie mercredi devant les députés. Pour lui, pas question d'utiliser la fiscalité écologique pour augmenter le budget du gouvernement. "Ce serait, à terme, inefficace", a-t-il indiqué et "cela reviendrait à rompre le contrat passé entre notre majorité et les Français".

"Toute taxation appelle donc une compensation et un allègement, et la feuille de route établie par le président de la République est de ne raisonner qu'à taux de prélèvements obligatoires constants", a-t-il ajouté. En clair : il n'y aura pas de nouveaux impôts, même pour financer les mesures qui seront adoptées à la fin du Grenelle. Pour autant, "les moyens de la République seront massifs et seront au rendez-vous", a promis Jean-Louis Borloo.

"Détermination" et "inquiétude"

En matière d'environnement, "il faut une rupture puissante, forte, radicale mais responsable", a encore déclaré le ministre. Et d'affirmer : "Il y a des conservatismes, je suis déterminé à les surmonter, mais je ne suis pas déterminé à aller sur toutes les surenchères". Il a par ailleurs tenu à rassurer les députés en précisant que "le Parlement et ses commissions seront associés" au processus. "Le Grenelle est un laboratoire, a pointé le ministre. Si ce laboratoire fonctionnait, ce serait une bonne nouvelle pour la gouvernance internationale."

Or, justement, le laboratoire présente des dysfonctionnements, selon plusieurs associations écologistes impliquées dans le Grenelle. Regroupées dans l'Alliance pour la planète, Greenpeace, Ecologie sans frontière, Good Planet et les Amis de la Terre ont fait part mardi de leur inquiétude sur la suite de la démarche. "À trois semaines de la négociation finale, prévue a priori pour les 25 et 26 octobre (date non confirmée), de larges zones d'ombre demeurent sur de nombreux aspects", a déploré Yannick Jadot (Greenpeace France), qui évoque la perspective d'"un Grenelle tiède et sans saveur".

En relisant les synthèses des groupes de travail, les ONG ont découvert que certaines propositions avaient été modifiées après les validations effectuées par tous les participants. Des "explications" et des "rectifications" ont été demandées au ministère de l'Ecologie. Par ailleurs, l'Alliance appelle Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Borloo à "résister à la pression des lobbies - Medef, FNSEA, UIPP, FNTR, EDF... - qui, sous couvert de réclamer évaluations et études d'impact, ne cherchent en réalité qu'à reporter les transformations indispensables de la société auxquelles ils résistent depuis trop longtemps".

Par Matthieu DURAND avec agence le 04 octobre 2007 à 18:03
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