Le fleuve du Rhône © TF1/LCITrois grands bassins fluviaux, Artois-Picardie, Rhône-Méditerranée et Seine-Normandie sont particulièrement touchés par la pollution aux PCB ou pyralène, selon une étude qui doit être présentée ce mercredi à Lyon. Les prélèvements effectués dans les sédiments montrent aussi "une très forte contamination des mollusques dans l'estuaire de la Seine", tandis que le bassin Rhin-Meuse présente des sites contaminés "mais dans une moindre mesure", indique de son côté un état des lieux qui sera dressé en fin de journée par la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet.
Cette dernière devait installer le premier comité de pilotage PCB/Rhône à Lyon, où la consommation de poissons a été interdite jusqu'à la Méditerranée en raison de la découverte dans certains poissons de taux de polychlorobiphényles (PCB) jusqu'à dix fois supérieurs au seuil autorisé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Les mesures effectuées par les réseaux de suivi dans les fleuves et rivières montrent que sur 852 sites analysés, près de 40 % montrent la présence de PCB, parmi lesquels 10% (87 sites) présentent une forte contamination, de 140 à 400 microgrammes et plus par kilo.
Cancérogènes
Un taux de PCB inférieur à 10 microgrammes/kg (sur 586 sites) est considéré comme négligeable. Jugés "probablement cancérogènes pour l'homme", les PCB sont dommageables pour le foie, la reproduction et la croissance, avec des effets "possibles" sur le cerveau et les hormones thyroïdiennes. Selon le Secrétariat d'Etat, "la surveillance régulière des PCB dans les sédiments se poursuit sur au moins 375 sites", conformément à la directive européenne sur l'eau.
Essentiellement présents autrefois dans les transformateurs, condensateurs, certaines encres ou adhésifs, les PCB ne sont plus produits depuis 1979 et les appareils qui en contiennent sont interdits à la vente depuis 1987. Cependant subsiste une pollution d'origine "historique", qui s'accumule en priorité dans les sédiments et la chair des poissons gras (comme les anguilles) et des espèces vivants sur le fond (brèmes, barbeaux, carpes). Faute de connaissances suffisamment précises, l'interdiction de consommation porte cependant sur tous les poissons.
Les autorités savaient-elles ? |
Selon le nouvelobs.com, "depuis une vingtaine d'années, les pouvoirs publics et leurs organismes, dont l'Agence de l'eau, étaient au courant de la présence massive du pyralène dans le [Rhône] et ses affluents". Le site ajoute que "l'usine Tredi spécialisée dans le retraitement des déchets chimiques, et particulièrement du pyralène (...), n'était pas la seule à rejeter dans les années 80 des quantités de ce produit dans le fleuve". |
D'après agence
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