Sarkozy lance un "New Deal écologique"

Par Matthieu DURAND, le 25 octobre 2007 à 18h28 , mis à jour le 25 octobre 2007 à 19h14

Le chef de l'Etat a conclu jeudi le Grenelle de l'environnement en annonçant une série de programmes ambitieux. Al Gore et Manuel Barroso étaient à ses côtés.

Pour Sarkozy, "cette table ronde est un succès"/TF1Pour Sarkozy, "cette table ronde est un succès" © TF1

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C'est dans un "plan Marshall" du développement durable, dans un "New Deal écologique" que la France veut s'engager, a affirmé jeudi Nicolas Sarkozy. Son discours volontariste a conclu les deux journées du Grenelle de l'environnement et repris les principales mesures proposées par les négociateurs de ces tables rondes : représentants de l'Etat, des associations écologistes, de l'entreprise et des collectivités territoriales.

"Vos mesures, je les fais miennes (...) je les mettrai en œuvre", leur a assuré le président de la République, après avoir rendu un hommage appuyé aux participants et à Jean-Louis Borloo. "C'est bien à une révolution que nous amène le Grenelle de l'environnement, a-t-il pointé. Révolution des comportements, des objectifs, des politiques, des critères."

Fiscalité

Nicolas Sarkozy s'est prononcé "contre toute fiscalité supplémentaire qui pèserait sur les ménages et les entreprises". Selon lui, "tout impôt nouveau doit être compensé". Il demandera ainsi à l'Union européenne "une TVA à taux réduit sur tous les produits écologiques". La création de la taxe climat-énergie, ou taxe carbone que réclamaient les ONG écologistes, sera ainsi adoptée "en contrepartie d'un allègement de la taxation du travail". "L'objectif est de taxer plus les pollutions, notamment les énergies fossiles, et de taxer moins le travail", a-t-il poursuivi (lire notre article).

En revanche, Nicolas Sarkozy veut s'attaquer au "dumping environnemental", qu'il considère comme une "déloyauté", en taxant les pays qui ne respectent pas le protocole de Kyoto. Il a souhaité que ses partenaires européens prennent part à ce combat. 

Investissements

Rappelant que la politique en faveur de l'environnement est avant tout une politique d'investissements, Nicolas Sarkozy a annoncé un "programme national de développement durable", doté d'investissements massifs, à l'image du Plan Marshall américain qui a permis à l'Europe de se relever après la deuxième guerre mondiale. Un milliard d'euros sur quatre ans seront ainsi consacré à la recherche "verte". Des fonds seront également consacrés au développement des transports alternatifs à la route (voies ferrées, fluviales...) afin de réduire de trois millions le nombre de camions circulant en France d'ici à 2020.

Le gouvernement souhaite aussi investir dans le bâtiment neuf et ancien (800.000 HLM à rénover en priorité) ainsi que dans une "agriculture durable", utilisant moins de pesticides. Les cantines publiques proposeront ainsi au moins un repas bio par semaine. Tous ces engagements financiers se traduiront par "100.000 nouveaux emplois dans le bâtiment, 50.000 dans les énergies nouvelles", a précisé le président, évoquant une baisse de 40% de la facture énergétique des ménages en 2020.

Transparence

"Les Français ont le droit de savoir et de se faire leur propre opinion", a souligné le chef de l'Etat, qui prône un "droit de transparence total, y compris sur le nucléaire et les OGM". Face aux "doutes" que soulèvent les cultures transgéniques, le président a ainsi annoncé la "suspension de la commercialisation des OGM pesticides avant la fin de l'année". En revanche, "il est illusoire de relever le défi climatique sans le nucléaire", a-t-il dit, mais "le nucléaire n'est pas la solution unique". D'où le lancement prochain d'un "programme national des énergies renouvelables" avec la "même ambition" que le programme nucléaire démarré en 1974. Double objectif : réduire les besoins d'énergie et parvenir à 95% d'énergie électrique sans carbone.

Le chef de l'Etat a par ailleurs défendu le "principe de précaution", contesté par les travaux de la Commission Attali sur la croissance, expliquant qu'il devait "être interprété comme un principe de responsabilité" notamment pour les auteurs de pollutions.

Hommage aux Français

Trois invités d'honneur étaient également présents : l'Américain Al Gore et la Kényane Wangari Maathai, deux prix Nobel de la Paix honorés pour leur combat en faveur de la préservation de la planète, ainsi que le président de la commission européenne, Manuel Barroso. L'ex-vice président américain a adressé ses "félicitations au peuple français" et au président Sarkozy pour avoir su organiser le Grenelle de l'environnement. "Nous avons besoin d'un Grenelle mondial, a déclaré Al Gore, pour aller loin et vite."

Grenelle à suivre

Le Grenelle de l'environnement a terminé jeudi après-midi ses travaux, à l'exception de la dernière table ronde sur la "gouvernance écologique" qui poursuivra ses débats vendredi matin, a annoncé Nathalie Kosciusko-Morizet, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie. Cette dernière table ronde doit notamment accroître la place des associations d'environnement dans les institutions (Conseil économique et social) et entreprises. Dans un communiqué, Greenpeace souligne jeudi que "des sujets essentiels, dont l'examen était prévu aujourd'hui, n'ont pas été traités : agrocarburants, forêts tropicales, dimension européenne et internationale, responsabilité sociale et environnementale des entreprises, expertise et lanceurs d'alerte, éducation à environnement, publicité..."


 

Par Matthieu DURAND le 25 octobre 2007 à 18:28
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39 Commentaires

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  • De La SOURCE, le 26/10/2007 à 12h36

    Le 25 octobre 07. UMP. Mesdames, Messieurs, Les plus gros pollueurs passent à travers les mailles du filet du Grenelle de l'environnement ! L'aviation civile touristique et commerciale n'est pas concernée par les taxes carbones ! Cent fois plus polluant que le train, dix fois plus que la voiture au kilomètre passager et plus de mille fois plus par l'effet contrails, les petits copains d'airbus ADS :. Et des agences touristiques, reflet des immobilières :. Ont pesé de tous leurs poids. Ils vendent la terre comme Judas a vendu Jésus ! Toutes les régions et départements qui possèdent des aéroports avec des extensions où une augmentation tangible du trafic, ont vu naître des microclimats dévastateurs. Dérèglement de leurs cycles climatiques : Périodes de sécheresses ou au contraire précipitations surabondantes. L'interaction entre les trop nombreuses régions touchées et les autres, entraînent depuis des décennies une modification des climats continentaux et va précipiter la planète entière dans le chaos. Virgule

  • Dom, le 26/10/2007 à 12h28

    Grenelle de l'environnement, Plan Marshall de l'écologie, New Deal écologique... M. le président aime beaucoup les expressions vides de sens et plus ça va plus les références historiques sont anciennes... Bientôt les croisades vertes ou les guerres puniques contre le CO2?

  • Padovani, le 26/10/2007 à 12h09

    Merci Mr Hulot et Sarkoc pour la taxe mais sa sauvera pas la planète par contre sa va remplir les caisses de l'état il y avait une autre solution mais évidemment sa rapporte pas un vieux dicton dit c'est pas quant on fait dans son pantalon qu'il faut serré les fesses

  • Poupard, le 26/10/2007 à 11h44

    Mr Sarkozy lance un " New deal " ? Je suis français, j'habite en France, je parle français ( et 2 autres langues ), aurait-il était piqué par un insecte américain qui le contraindrait à penser et parler américain n'est- ce pas à lui de montrer l'exemple en s'expriment dans notre langue ?

  • Jean-pierre, le 26/10/2007 à 11h33

    Beaucoup de grands mots (plan Marshall, new-deal écolo) qui fleurent bon la culture américaine chère au président, pour déboucher sur pas grand chose : pour certains produits une TVA allégée dont la fixation dépendra de Bruxelles,c'est dire que ce n'est pas acquis, une taxation plus grande des énergies fossiles: bonjour le prix des carburants, la r&novation de HLM alors que le problème est d'abord quantitatif en France. C'est toujours et encore une politique d'affichage.

  • Carisa, le 26/10/2007 à 11h26

    Dire que c'est un gouvernement de droite qui s'interesse à cela;que va dire la gauche;critiquer,comme d'habitude

  • Larko, le 26/10/2007 à 10h30

    M. Nicolas Hulot en soumettant une nouvelle taxe ( Carbone ) a du oublier ses ballades en poux du ciel, en parapente à moteur ou à bord dun avion à réaction dans Hushuaya Nature. Ces engins étaient ils non polluants? Si tel est le cas, j'aimerai connaitre le nom de ce carburant. T6oujours aux mêmes personnes de payer les taxes. L'état y est gagnant des deux côtés, en vendant et en taxant, Tabac Alcool essence etc etc... Qu'on arrête dons de vendre ce qui un jour est mauvais pour la santé ou la planete.

  • LAUGIER Jacques, le 26/10/2007 à 10h19

    Pourquoi faut-il pour entendre des propositions somme toute intéressantes et par certains aspects révolutionnaires, que cela se fasse comme toujours, avec ce personnage, de façon grand-guignolesque... et toujours le je, je, je... et une mise en scène à la gloire de l'acteur ? Et l'on a bien vu sur le visage de José Manuel Barroso (qui, par parenthèse, pratique un meilleur français) que certaines des mesures à l'encontre des vilains étrangers, n'étaient pas de pour lui plaire... ou pour le moins le laissaient de glace. Donc, révolution peut-être, mais esbrouffe tout autant... En tout cas bravo aux débatteurs du Grenelle et j'aurais aimé que ce soit son animateur qui s'exprime et non que ce soit le récupérateur en chef.

  • PATIN Didier, le 26/10/2007 à 10h00

    Pourquoi ne pas interdire toutes les enseignes publicitaires lumineuses qui illuminent les grandes villes toute la nuit. Sa ferait des millions de Kw/h de gagner.

  • Jean Luc, le 26/10/2007 à 09h55

    Formidable! Un tour de passe passe par le biais du grenelle pour que les français soient d'accord pour de nouvelles taxes en s'appuyant sur un sujet sensible. Il est fort Sarkozy, Tout cela n'est que stratégie avec la bénédiction de HULOT, c'est la taxe "Chouette hulotte"

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