Jean-Louis Borloo à la conférence de presse de présentation de la synthèse des conclusions des groupes de travail pour le Grenelle de l'environnement (27 septembre 2007) © TF1/LCISi le Grenelle de l'environnement a été salué comme un grand succès, sa mise en œuvre est loin de faire l'unanimité. Ça grogne même chez les associations écologistes, qui estiment que les décisions ne sont pas appliquées ou pas assez rapidement. Certaines ONG menacent de claquer la porte des comités de suivi. Aussi Jean-Louis Borloo, de retour de Bali, monte au front pour calmer les esprits.
Le ministre de l'Ecologie organise mercredi un point presse sur les suites du Grenelle et le bilan de la conférence sur le climat à Bali. Jeudi, il rencontrera les différents participants du Grenelle. L'occasion de clarifier plusieurs dossiers sensibles, notamment OGM et autoroutes. Deux représentants d'ONG expliquent à LCI.fr leurs inquiétudes et leurs attentes :
"On se moque du monde !"
Anne Bringault, directrice des Amis de la Terre (Alliance pour la planète) : "A l'Alliance [qui réunit 82 ONG, dont le WWF, Greenpeace mais aussi la CFDT, NDLR], nous ne sommes pas satisfaits sur le flou entourant la suite du processus du Grenelle. Nous n'avons pas d'informations précises sur la composition des comités de surveillance [chargés de veiller à la mise en œuvre des mesures adoptées au Grenelle de l'environnement]. Sur les autoroutes, les projets continuent à fleurir... c'est se moquer du monde !
Concernant les OGM, Jean-Louis Borloo s'était engagé verbalement à lancer un moratoire sur le maïs MON810. Or, la clause de sauvegarde, c'est-à-dire la traduction juridique de ce moratoire, n'a toujours pas été activée. Nous avons donc claqué la porte du comité chargé de mettre en place la Haute autorité sur les OGM. Pour nous, c'est un casus belli : si la clause n'est pas activée, il y aura une réponse très ferme de notre part. Un membre du cabinet de Jean-Louis Borloo nous a dit que beaucoup de ministères qui avaient été discrets pendant le Grenelle s'intéressent de plus près au sujet. L'administration réalise aujourd'hui quel va être l'impact des décisions du Grenelle et certains lobbies se sont réveillés."
"Un premier pas encourageant mais des problèmes"
Arnaud Gossement, porte-parole de France Nature Environnement : "Avec le Grenelle de l'environnement, c'est la première fois qu'un gouvernement met sur la table en même temps et au même moment des dossiers qui étaient de véritables sacs de nœuds. On n'attend pas que le gouvernement règle tout d'un coup de baguette magique. Il faut savoir se donner un peu de temps et puis, on ne peut pas dire qu'il ne se passe rien : les réunions de travail se poursuivent, il y a eu l'annonce du bonus-malus pour les voitures... c'est un premier pas encourageant. Maintenant, c'est vrai qu'il y a des problèmes : il y a des projets de développement d'autoroutes, la clause de sauvegarde sur le MON810 n'a pas été activée, il n'y a pas de garantie sur la relance du fret ferroviaire, on n'arrive à rien dans le groupe de travail sur les déchets...
Il y aussi parfois une différence entre ce que dit le gouvernement à Paris et les positions qu'il défend à Bruxelles. C'est sûr qu'il y a des points de blocage et de conservatisme. Pour autant, la FNE refuse de couper les ponts. La réunion de jeudi avec Jean-Louis Borloo est certainement un exercice de remobilisation sur le Grenelle. Il sera obligé de le faire très régulièrement."
Grenelle : Sarkozy appliquera les décisions |
Nicolas Sarkozy s'est rendu mardi en Camargue où il a évoqué la nécessité de lutter "tout de suite" contre le réchauffement climatique. "Il s'agit que la France montre l'exemple, prenne des décisions, exige des résultats et appelle l'ensemble des autres pays du monde, et notamment les Etats-Unis dont nous avons besoin dans ce combat, à avoir une position qui préserve la nature, les équilibres et notre planète", a-t-il déclaré. "Je veux dire solennellement que les engagements du Grenelle de l'environnement, ce n'est pas qu'ils seront intégralement tenus, c'est qu'ils seront scrupuleusement respectés", a insisté le président. Et d'affirmer : "Je ne me laisserai arrêter par personne (...) des décisions ont été prises, nous les appliquerons". |
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