
| L'accord de Bali vu par Greenpeace |
Cancun: un fonds vert sur le climat, mais Kyoto encore repoussé
Les 200 pays rassemblés à Cancun ont décidé samedi de repousser à 2011 les négociations sur l'avenir du protocole de Kyoto, en contrepartie de nouvelles mesures pour lutter contre le changement climatique.
Publié le 11/12/2010
La communauté internationale a lancé samedi à Bali sous les applaudissements, mais dans la douleur, les négociations sur le futur régime de lutte contre le réchauffement climatique qui devront aboutir en 2009, pour remplacer le protocole de Kyoto qui expire en 2012. Après un épuisant marathon nocturne et un dénouement mélodramatique, qui en a retardé encore la conclusion de plusieurs heures, la conférence climat de l'ONU a formellement adopté la "feuille de route de Bali". L'accord stipule que le processus de négociations qui doit arrêter les suites à donner au protocole de Kyoto devra être lancé "dès que possible et pas plus tard qu'avril 2008".
"Franchement, je suis déçu par le manque de progrès" dans les discussions, avait solennellement lancé le secrétaire général Ban Ki-moon, venu assister à la dernière séance plénière pour y peser de toute son influence. "Mais il se fait tard, il est temps de décider, de prendre une décision, vous avez dans vos mains la capacité d'apporter au monde une issue positive à cette conférence", avait-il ajouté. Yvo de Boer, le responsable de la lutte contre le changement climatique à l'ONU a craqué à la tribune, s'exprimant avec des sanglots dans la voix, à l'issue de plusieurs interruptions de séances et de menaces de veto américain.
Les Etats-Unis hués
Le texte élude notamment les références chiffrées aux émissions polluantes et à la nécessité de les réduire, auxquelles s'opposaient les Etats-Unis. Mais soumis à une énorme pression internationale, les Etats-Unis ont finalement accepté de "se rallier au consensus" sur l'accord final, après avoir exigé sans les obtenir davantage d'engagements des pays en voie de développement.
Toute la journée, les Etats-Unis avaient menacé à la mi-journée de rejeter le texte. "Nous ne pouvons accepter la formulation retenue parce qu'elle représente un changement significatif dans l'équilibre que beaucoup d'entre nous ont cherché à trouver", avait indiqué Paula Dobriansky, chef de la délégation américaine à Bali, copieusement huée par la salle. Auparavant, les premiers blocages étaient le fait de la Chine, de l'Inde, du Pakistan et du Bangladesh qui ont demandé plusieurs suspensions de séance et des amendements au texte pour contrebalancer les efforts attendus de la part des pays en développement.
D'après agence
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