© TF1-LCILes prévisions actuelles sur l'élévation du niveau des océans en raison du réchauffement climatique seraient sous-estimées si l'on se réfère à ce qui s'est produit lors de la dernière période interglaciaire, révèle une étude à paraître dans la revue Nature Geoscience.
Pendant cette période - il y a quelque 120.000 ans - les températures au Groenland étaient de 3 à 5 degrés Celsius supérieures à ce qu'elles sont aujourd'hui, un niveau prévu actuellement sur Terre dans 50 à 100 ans, notent les auteurs de l'étude publiée en ligne. Or les océans se sont élevés à cette époque-là de 0,6 à 2,6 m par siècle (1,6 m en moyenne), notamment en raison d'une fonte des glaces du Groenland.
L'incertitude des experts du Giec
Dans leur dernier rapport scientifique, bouclé en novembre, les experts du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) ont renoncé, faute de certitude, à fixer une valeur limite à l'élévation prévisible du niveau des océans. Dans un premier temps, ils avaient estimé cette hausse entre 0,18 et 0,59 m à la fin du siècle par rapport à la période 1980-1999.
L'étude internationale a été menée en Mer Rouge à partir de l'analyse de l'évolution de la salinité ou des coraux, sous la conduite du Pr Eelco Rohlingen, du Centre national d'océanographie de Southampton (Royaume-Uni). "Nos données, notent les auteurs de l'étude, fournissent des éléments soulignant la plausibilité de projections élevées, de l'ordre de 1 m, pour la hausse du niveau des eaux d'ici à 2100".
Seule différence entre ce qui s'est produit il y a 120.000 ans et aujourd'hui : à l'époque, le réchauffement du dernier âge interglaciaire avait été provoqué par une inclinaison différente de la Terre par rapport au Soleil. Aujourd'hui, il est dû à l'action de l'homme, et notamment aux gaz à effet de serre.
D'après agence
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