Une tempête de sable due à l'érosion humaine oblige cette Chinoise de Longbaoshan à se protéger © collectif ArgosLa guerre au réchauffement climatique ou une "guerre civile mondiale" due au réchauffement climatique. L'alternative est posée lundi par le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE).
La fonte des glaciers ou l'explosion du nombre de "réfugiés climatiques" (regardez le diaporama : Dans l'enfer des réfugiés climatiques) due à la montée des océans est susceptible de déstabiliser des régions entières, explique l'organisme dans un rapport publié lundi lors de la conférence sur le climat, à Bali (Indonésie). Le rapport "trace un scénario crédible pour l'avenir", a mis en garde Hans Schellnhuber, un des auteurs de l'étude, directeur de l'Institut de recherche sur l'impact du climat de Potsdam. "Si le réchauffement climatique n'est pas jugulé, des Etats fragiles et vulnérables, qui sont déjà aujourd'hui assez mal gérés, pourraient imploser sous la pression du réchauffement global, puis générer des ondes de choc vers d'autres pays", a-t-il estimé. Et le rapport d'affirmer : "Agir pour le climat est agir pour la paix".
Pour éviter cette guerre, une révolution est nécessaire, déclare pour sa part Ban Ki-moon, le secrétaire général de l'ONU. "Notre mission, à Bali et au-delà, sera de donner forme à la révolution mondiale qui se dessine - d'ouvrir la voie à l'ère de l'économie verte et du développement vert", explique-t-il lundi dans une tribune publiée dans Libération. "Il nous manque en effet un dispositif mondial dans le cadre duquel nous, citoyens du monde, pourrons coordonner nos efforts pour lutter contre les changements climatiques", souligne-t-il.
"Au tour des politiques"
"Nous ne savons pas à quoi pourrait ressembler cet accord", reconnait Ban Ki-moon, qui cite une "combinaison" d'outils : "Devrait-il imposer une redevance sur les émissions de gaz à effet de serre ou créer un système international d'échange de droits d'émission de carbone ? Devrait-il prévoir des mécanismes permettant d'empêcher la déforestation (...) ou aider les pays moins développés à s'adapter aux conséquences inévitable du changement climatique ? (...)". Un tel accord pourrait aussi mettre l'accent sur "les carburants renouvelables" et "prévoir des dispositions pour le transfert de nouvelles technologies vertes à travers le monde". Et le secrétaire général de l'ONU d'asséner : "Les scientifiques ont fait leur travail. C'est maintenant au tour des politiques d'agir. Bali leur lance ce défi".
C'est justement ce lundi que 140 ministres des finances ou leurs délégués, représentant 37 pays, ont commencé à discuter d'une réponse financière aux problèmes du dérèglement climatique. Les arbitrages s'annoncent tendus. Un projet de déclaration finale rédigé par l'Indonésie, l'Afrique du Sud et l'Australie souligne, sur la base des preuves scientifiques réunies par le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC), que les pays riches devraient viser une réduction de 25 à 40% de leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020 par rapport à 1990. Des objectifs chiffrés que rejettent les Etats-Unis, seul pays développé à ne pas avoir signé le protocole de Kyoto.
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