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| Les propos de Bernard Accoyer |
Le président UMP de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a vivement contesté jeudi l'avis de la Haute autorité sur les OGM. "Nous ne pouvons nous satisfaire de tels verdicts d'un comité nommé avec peut-être un peu de précipitation, qui serait l'autorité incontestable", a-t-il déclaré. "J'attends que la France prenne des décisions qui soient fondées sur de véritables conclusions scientifiques et non pas sur des préjugés, une certaine peur de l'avenir."
Le président du groupe s'est élevé contre une "remise en cause perpétuelle de ce que nous décidons, de ce qui a été décidé". Il a également condamné l'action des militants anti-OGM et de l'altermondialiste José Bové en grève de la faim contre les OGM. "On ne peut pas faire la place à l'émotion, à la communication voire à la provocation pour une décision quelle qu'elle soit", a-t-il dit. "Une décision sereine ne se prend pas pendant que certains font la grève de la faim."
Mercredi soir, la Haute autorité provisoire sur les OGM a fait état de ses "doutes sérieux" sur le maïs Mon 810, dans un avis ouvrant la voie à l'activation de la clause de sauvegarde, qui permettrait à la France d'interdire provisoirement le seul OGM cultivé en France. Le gouvernement a fixé une nouvelle date pour l'examen du projet de loi sur les OGM, qui commencera le 5 février devant le Sénat. Le texte présenté dans la foulée du Grenelle de l'environnement devait initialement être adopté le 8 février en urgence mais le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo avait décidé mardi d'en reporter la date en attendant l'avis de la haute autorité. Un précédent texte sur les OGM avait été retiré l'an dernier après un examen par le Sénat.
Le PS divisé
Le député PS Jean-Yves Le Déaut, ancien président d'une commission d'enquête parlementaire sur les OGM, a dénoncé jeudi une instrumentalisation par l'UMP de la Haute autorité provisoire sur les OGM. "Ni les termes de 'risques sérieux', ni ceux des 'effets négatifs' n'ont été employés dans l'avis transmis aux membres" de la Haute autorité, ce texte n'ayant en outre "pas été validé", a affirmé le député. Le maïs MON 810, autorisé depuis plus de dix ans en France, est également cultivé en Espagne sur plusieurs dizaines de milliers d'hectares et à l'étranger sur plusieurs millions d'hectares depuis 15 ans, a-t-il rappelé. "S'il était dangereux pour la santé ou l'environnement, cela se saurait", a observé le parlementaire. "Par contre, la question de l'utilité des maïs résistant aux insectes est une vraie question", a-t-il poursuivi. Dénonçant une "nouvelle pitrerie politique" et une "manipulation de l'opinion", le parlementaire socialiste a estimé que l'activation éventuelle de la clause de sauvegarde "ne fait pas honneur à la politique".
Le député PS du Gers, Philippe Martin, s'est quant à lui étonné "la charge déplacée" de Bernard Accoyer contre la Haute autorité. "Au seul motif (que cette décision) ne lui convient pas ou qu'elle irriterait les députés UMP", Bernard Accoyer "tente de décrédibiliser un travail remarquable et qui doit être poursuivi", ajoute le député qui demande au chef de l'Etat d'activer la clause de sauvegarde anti-OGM.
Vives réactions
Les propos de Bernard Accoyer trouvent un écho favorable chez Limagrain, groupe français de semences n°1 européen et n°4 mondial. Son directeur des affaires institutionnelles, Jean-Claude Guillon, fait part à LCI.fr de sa "consternation" devant l'avis de la Haute autorité. "Je ne vois pas d'éléments scientifiques nouveaux de nature à remettre en cause le bien fondé des homologations" des OGM, déclare-t-il. Il dénonce par ailleurs un avis "téléphoné", qui reprend la position de Nicolas Sarkozy, et rendu sous la pression des anti-OGM : "C'est un déni de l'Etat de droit et de la démocratie", regrette-t-il encore.
Interrogé par LCI.fr, Lylian Le Goff, pilote de la mission biotechnologies à France Nature Environnement (FNE), est outré par la déclaration du président de l'Assemblée nationale : "Ses prises de position font injure aux gens de terrain et de dossier qui ont permis à la haute autorité de s'exprimer en connaissance de cause, et non sous le coup de l'émotion".










