OGM : la France engage la clause de sauvegarde

le 11 janvier 2008 à 21h47 , mis à jour le 11 janvier 2008 à 22h50

Dossier : OGM

Matignon a annoncé que la France allait déclencher la procédure de suspension de la culture du maïs OGM MON810.

ogm maïsogm maïs © TF1/LCI

La réaction de José Bové

 

La France a décidé de déclencher la procédure de suspension de la culture du maïs OGM MON810, suivant ainsi l'avis de la Haute autorité provisoire sur les Organismes génétiquement modifiés qui avait fait état mercredi d'"éléments scientifiques nouveaux" et de nombreuses interrogations autour de cette culture. "Le Gouvernement engage la procédure contradictoire afin de déposer une clause de sauvegarde sur la culture du maïs OGM MON810, jusqu'à la réévaluation par les instances européennes de l'autorisation de commercialisation de cet OGM", déclarent dans un communiqué les services du Premier ministre, qui soulignent avoir pris cette décision "en application du principe de précaution".

Techniquement, la clause doit être enclenchée par le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier. Monsanto, le géant américain de l'agro-chimie qui produit ce maïs, a par ailleurs 15 jours pour présenter sa défense. Le gouvernement a ajouté que "les doutes sur cet OGM actuellement cultivé en France ne condamnent pas l'intérêt de cette technologie pour relever les défis alimentaires et environnementaux". Il a également a annoncé dans la foulée "un plan sans précédent d'investissement dans les biotechnologies végétales de 45 millions d'euros, soit une multiplicaiton par huit des budgets actuels".

Bové cesse sa grève de la faim

José Bové a immédiatement annoncé vendredi soir qu'il arrêtait sa grève de la faim entamée le 3 janvier avec 16 militants. "C'est ce qu'on attendait. On se réjouit de cette annonce parce que cela va permettre à l'ensemble des jeûneurs, ici rue de la Banque (à Paris) et en province, de recommencer à s'alimenter", a-t-il déclaré. "On recommencera à s'alimenter demain à midi", a-t-il ajouté. Tous réclamaient l'activation par la France de la clause de sauvegarde auprès de l'Union européenne afin de suspendre la culture en France du maïs MON810.

Pour Arnaud Gossement, porte-parole de France Nature Environnement, "c'est l'esprit de responsabilité du Grenelle de l'environnement qui permet ce soir au gouvernement d'enclencher la clause de sauvegarde. Le plus important maintenant, c'est la loi. Il faudra appliquer à ce texte le même esprit de principe de précaution". Même réaction du côté de Greenpeace. Arnaud Apotheker, spécialiste des OGM à Greenpeace-France, a exprimé "sa joie". "Cette décison fait qu'il n'y aurait pas d'OGM en culture sur le territoire français en 2008 et va permettre de discuter de la loi de manière sereine. Cette loi devra prendre en compte de la même façon ce principe de précaution", a-t-il ajouté.

Lors de sa conférence de presse mardi, le président Nicolas Sarkozy avait promis de recourir à cette clause "en cas de doute sérieux" sur le MON810. Or, la Haute autorité provisoire sur les OGM a fait état de "doutes sérieux" sur ce maïs, dans un avis remis mercredi au ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo (lire notre article). Un avis toutefois contesté, notamment par douze scientifiques membres de la Haute autorité (lire notre article). Dans un communiqué jeudi soir, ils "font remarquer" que "le projet d'avis qu'ils ont rédigé le 9 janvier 2008 sur la dissémination du MON810 sur le territoire français ne comporte pas les termes de doutes sérieux, pas plus qu'il ne qualifie les faits scientifiques nouveaux de négatifs", comme l'a déclaré le président, le sénateur Jean-François Le Grand.  Ils se disent donc "gênés par le décalage entre l'avis tel qu'ils l'ont rédigé et sa transcription" et "regrettent le manque de temps qui ne leur a pas permis, d'une part de réaliser une expertise plus complète du MON810 selon les critères de l'expertise collective, et d'autre part de relire sereinement l'avis avant sa diffusion".

le 11 janvier 2008 à 21:47
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11 Commentaires

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  • Pascal, le 11/01/2008 à 23h10

    Pauvre france ! on casse un MC'Do ,on detruit des laboratoires de recherche , on fauche des essais , on fait gréve de la faim , mais on continue de fumer ! bravo BOVE ! très fort ! moi j 'appelle tous les agriculteurs de continuer à semer des OGM au nom de la désobeissance civique ! pauvre FRANCE ! j'ai un " doute sérieux " sur nos hommes politique !

  • Natacha, le 11/01/2008 à 22h57

    HEUREUSE ,voilà ce que je ressens en apprenant cette bonne nouvelle. Voilà une décision courageuse .

  • Alain, le 11/01/2008 à 22h32

    Enfin une bonne nouvelle

  • Jules, le 11/01/2008 à 22h26

    Pour que le gouvernement aille à l'encontre du lobby des céréaliers, il faut vraiment que le risque soit élevé. Espérons qu'il n'est pas déjà trop tard.

  • Legros, le 11/01/2008 à 22h25

    Enfin une décision respectable. La France devrai laisser la manipulation génétique aux scientifiques en surveillant les dérives plutôt que de commercialiser des produits sans assez de recule pour les estimer. Mais bon argent et réflexion ne vont pas souvent de pair. laisser un peu la nature faire les choses seraient judicieux plutôt que de vouloir à tout prix la contrôler. Sur ce choix notre pays marque un point, point de plus qui devrai inciter les gens à acheter français (pensez à la nature, à l'économie du pays mais aussi à votre santé)... Cordialement, L.

  • Bourgon, le 11/01/2008 à 22h22

    Et bien BRAVO :je suis bien soulagé

  • Stef, le 11/01/2008 à 22h21

    Vive la France sans OGM vive la culture vive la liberte

  • Quillateau, le 11/01/2008 à 22h12

    Il était plus que temps que cette décision soit prise. Les rivières à proximité de ces champs d'OGM commençaient à être contaminées. Les insectes aquatiques, selon une étude scientifique américaine très sérieuse, sont détruits par les détritus de maïs transgénique qui finissent dans nos cours d'eau. Le jour où on ne pourra plus pêcher, que ferons-nous ? C'est peut-être futile comme activité mais tant qu'on peut le faire c'est qu'il y a de la vie ! Ouf...

  • Tonio, le 11/01/2008 à 22h11

    On peut dire un grand bravo à tous ceux qui on pris cette décission.

  • Nico, le 11/01/2008 à 21h54

    Ca y'est on à sombrer devant les extrêmes...

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