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La France a décidé de déclencher la procédure de suspension de la culture du maïs OGM MON810, suivant ainsi l'avis de la Haute autorité provisoire sur les Organismes génétiquement modifiés qui avait fait état mercredi d'"éléments scientifiques nouveaux" et de nombreuses interrogations autour de cette culture. "Le Gouvernement engage la procédure contradictoire afin de déposer une clause de sauvegarde sur la culture du maïs OGM MON810, jusqu'à la réévaluation par les instances européennes de l'autorisation de commercialisation de cet OGM", déclarent dans un communiqué les services du Premier ministre, qui soulignent avoir pris cette décision "en application du principe de précaution".
Techniquement, la clause doit être enclenchée par le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier. Monsanto, le géant américain de l'agro-chimie qui produit ce maïs, a par ailleurs 15 jours pour présenter sa défense. Le gouvernement a ajouté que "les doutes sur cet OGM actuellement cultivé en France ne condamnent pas l'intérêt de cette technologie pour relever les défis alimentaires et environnementaux". Il a également a annoncé dans la foulée "un plan sans précédent d'investissement dans les biotechnologies végétales de 45 millions d'euros, soit une multiplicaiton par huit des budgets actuels".
Bové cesse sa grève de la faim
José Bové a immédiatement annoncé vendredi soir qu'il arrêtait sa grève de la faim entamée le 3 janvier avec 16 militants. "C'est ce qu'on attendait. On se réjouit de cette annonce parce que cela va permettre à l'ensemble des jeûneurs, ici rue de la Banque (à Paris) et en province, de recommencer à s'alimenter", a-t-il déclaré. "On recommencera à s'alimenter demain à midi", a-t-il ajouté. Tous réclamaient l'activation par la France de la clause de sauvegarde auprès de l'Union européenne afin de suspendre la culture en France du maïs MON810.
Pour Arnaud Gossement, porte-parole de France Nature Environnement, "c'est l'esprit de responsabilité du Grenelle de l'environnement qui permet ce soir au gouvernement d'enclencher la clause de sauvegarde. Le plus important maintenant, c'est la loi. Il faudra appliquer à ce texte le même esprit de principe de précaution". Même réaction du côté de Greenpeace. Arnaud Apotheker, spécialiste des OGM à Greenpeace-France, a exprimé "sa joie". "Cette décison fait qu'il n'y aurait pas d'OGM en culture sur le territoire français en 2008 et va permettre de discuter de la loi de manière sereine. Cette loi devra prendre en compte de la même façon ce principe de précaution", a-t-il ajouté.
Lors de sa conférence de presse mardi, le président Nicolas Sarkozy avait promis de recourir à cette clause "en cas de doute sérieux" sur le MON810. Or, la Haute autorité provisoire sur les OGM a fait état de "doutes sérieux" sur ce maïs, dans un avis remis mercredi au ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo (lire notre article). Un avis toutefois contesté, notamment par douze scientifiques membres de la Haute autorité (lire notre article). Dans un communiqué jeudi soir, ils "font remarquer" que "le projet d'avis qu'ils ont rédigé le 9 janvier 2008 sur la dissémination du MON810 sur le territoire français ne comporte pas les termes de doutes sérieux, pas plus qu'il ne qualifie les faits scientifiques nouveaux de négatifs", comme l'a déclaré le président, le sénateur Jean-François Le Grand. Ils se disent donc "gênés par le décalage entre l'avis tel qu'ils l'ont rédigé et sa transcription" et "regrettent le manque de temps qui ne leur a pas permis, d'une part de réaliser une expertise plus complète du MON810 selon les critères de l'expertise collective, et d'autre part de relire sereinement l'avis avant sa diffusion".
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