OGM : la Haute autorité émet des "doutes sérieux"

le 09 janvier 2008 à 19h55 , mis à jour le 10 janvier 2008 à 09h42

Dossier : OGM

Dans un avis, elle relève "un certain nombre de faits scientifiques nouveaux négatifs" pour la faune et la flore.

[Expiré] [Expiré] Maïs OGM © sxc.hu

La Haute autorité provisoire sur les OGM a "relevé un certain nombre de faits scientifiques nouveaux négatifs" dans son avis sur le maïs OGM MON 810, à propos duquel elle exprime des "doutes sérieux", a indiqué mercredi son président, Jean-François Le Grand. Selon lui, les éléments scientifiques nouveaux sont "la dissémination à longue distance, sur plusieurs dizaines, voire centaines de km" de l'OGM en question, "la résistance chez des insectes" et "les effets constatés sur la flore et la faune", notamment sur le lombric et les micro-organismes.

"Cet avis est conforme à l'état d'esprit du Grenelle" de l'environnement, a de son côté souligné Jean-Louis Borloo, le ministre de l'Environnement. "Des scientifiques pointus nous ont répondu qu'il y avait des éléments scientifiques nouveaux par rapport à ceux qui avaient permis l'autorisation du MON 810 en 1998 et ils ont fait état de doutes sérieux".

"Une seule possibilité"

Pour le leader altermondialiste José Bové, il n'y a désormais "qu'une seule possibilité" : la clause de sauvegarde. "On attend la décision du ministre de l'Ecologie (...). A mon avis il n'y a qu'une seule possibilité", a-t-il déclaré sur LCI, faisant allusion à l'activation par la France de la clause de sauvegarde qui lui pemettrait d'interdire la culture du MON 810. Même réaction au sein des associations écologistes. "Je vois mal comment avec un avis pareil on pourrait ne pas appliquer la clause de sauvegarde", a déclaré Arnaud Apoteker, de Greenpeace. "Il est évident pour nous ce soir que la clause de sauvegarde sera activée par le président de la République", a déclaré de son côté Arnaud Gossement, porte-parole de France nature environnement.

Du côté de la FNSEA par contre, "rien ne devrait pousser le gouvernement à accélérer un processus de décision sur cette clause de sauvegarde, à moins d'agir d'une facon politicienne", explique le vice-président du syndicat agricole, Pascal Férey. Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, a indiqué que le gouvernement prendrait une position officielle sur l'activation, ou non, de la clause de sauvegarde dans les quarante-huit heures. Mardi, Nicolas Sarkozy s'était déclaré prêt à faire jouer cette clause en cas de "doute sérieux" sur ces cultures "jusqu'à ce que la Commission européenne tranche le problème". Cette clause permet à un pays européen d'interdire un organisme génétiquement modifié autorisé par l'Union européenne à condition de le justifier par des éléments scientifiques nouveaux.

 

(D'après agence) 

le 09 janvier 2008 à 19:55
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Sciences
  

16 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Jacques, le 10/01/2008 à 13h51

    On parie? La Haute Autorité utilise le parapluie et renvoie la patate chaude au gouvernement, lequel va la renvoyer à la Commission européenne qui autorisera le maïs sous réserve de modalités qui incomberont aux Etats membres..... Personnellement je suis pour les OGM; ils sont l'avenir de notre civilisation. Celà étant il y aura certainement des déconvenues, voire des accidents. Mais à force de manipuler le principe de précaution, on va faire du sur place ou même régresser et à ce rythme là il ne faudra pas s'étonner quand nos enfants deviendront les larbins des Chinois et des Indiens.

  • Christophe B., le 10/01/2008 à 13h46

    Quand va-t-on cesser de jouer à la loterie avec notre environnement ? Il serait tant d'avoir des certitudes sur l'éventuelle innocuité des OGM avant de les disséminer en pleine nature et d'avoir ensuite des "doutes sérieux"...

  • Nouchka, le 10/01/2008 à 10h37

    Pas besoin d'être un scientifique pour connaitre les risques de la polénisation des champs se trouvant aux environs des parcelles OGM. NON AUX OGM.

  • Cc, le 10/01/2008 à 10h00

    Je crains que ce rapport soit surtout un rapport politique écrit sous la pression d'ecolos extremistes et d'un pouvoir politique démagogique. il est a ce propos surprenant que ce rapport fasse l'impasse sur les importants bénéfices des OGM, pourtant évidents (moins de pesticides...), pour la santé et l'environnement!

  • Jean, le 10/01/2008 à 09h15

    Les faucheurs ont les décore ou on les met en prison??? j'aimerais savoir...

  • Candide niort, le 10/01/2008 à 08h59

    La rente que procure ce filon des ogm c'est un peu comme le pétrole !Rendez vous compte que ces produits n'ont pas la capacité de se reproduire comme bcp d'hybrides et ceci afin d'obliger les agriculteurs à passer par les fourches caudines des mossanto et cie !Autant dire qu'on émascule la nature!

  • Melinda, le 10/01/2008 à 07h57

    Ce qui est terrible, c'est qu'il faut que des gens comme Bové se fassent traiter de tous les noms et fassent la grêve de la faim, pour se battre contre le gouvernement et les multinationales, voulant nous imposer des OGM dangereuses pour la santé. Tout ça pour que finalement, le gouvernement reconnaisse, à mots couverts, qu'il essayait de nous entuber avec ses OGM. Il y a quand même des français, tellement naïfs qu'ils défendent les OGM, sans comprendre que si certains se battent aussi fort c'est pas pour s'amuser, c'est parce qu'il y a un vrai danger pour la santé (ou du moins un risque, qu'on n'a pas à prendre, simplement pour enrichir les industriels à nos dépends) Bravo à José Bové pour son courage.

  • Jean-paul, le 10/01/2008 à 07h30

    Il rest à cette "haute" autorité à nous expliquer le rapport préçis entre les abeilles et la culture du mais...C'est le pretexte à une reculade de plus pour ce gouvernement de "rupture", et une déception supplémentaire pour ceux qui ont voté SARKOZY.Cela se paiera dans les urnes...

  • Xavier, le 10/01/2008 à 06h00

    Un principe de précaution s'impose! Puisque cette expression s'utilise à tort et à travers pour notre propre petit confort et bien utilisons-là enfin de manière contraignante et responsable. N'oublions pas les dégâts considérables des CFC sur la couche d'ozone, la terre, elle, n'oublie pas.

  • Jean-jacques, le 10/01/2008 à 05h42

    Bref, ce sont les faucheur qui avaient raison. Mais leur procés vont quand même continuer malgrés que maintenant tout le monde reconnait que c'est pas bon. Pauvre France. Et on ose encore de parler de justice alors qu'elle a condamné des personnes qui bien longtemps avant les politiciens se battaient contre quelque chose de nuisible. Qu'ils soient tous blanchis et sur le champ.

Lire tous les commentaires

      logAudience