OGM : "La Haute autorité n'a pas émis de réserves graves"

Par , le 10 janvier 2008 à 11h13 , mis à jour le 10 janvier 2008 à 15h47

Dossier : OGM

Interview - Le professeur Roland Rosset, membre du comité de préfiguration de la Haute autorité sur les OGM, revient sur la portée à accorder à l'avis rendu mercredi sur le maïs commercialisé par Monsanto. Il insiste sur la nécessité de poursuivre la recherche dans l'Hexagone, en milieu confiné et en plein champ.

ogm maïsogm maïs © TF1/LCI

L'entretien avec Roland_Rosset
dans son intégralité

La Haute autorité provisoire sur les OGM a rendu mercredi son avis sur le maïs de la firme Monsanto. Ses membres, au nombre desquels le professeur Roland Rosset, ont émis des "doutes sérieux" sur la culture en plein champ du maïs transgénique, le seul autorisé à la commercialisation en France. Mais le géniticien de l'Université d'Aix-Marseille II réfute l'idée que la Haute autorité ait appelé à la fin de la culture du MON810. Cette décision est une décision politique, explique-t-il. De même que l'activation de la clause de sauvegarde qui permettrait à la France de justifier au niveau européen l'interdiction du MON810.

R. Rosset  :
"La décision doit être politique"
 

La Haute autorité provisoire a "relevé un certain nombre de faits scientifiques nouveaux" dans son avis. Ces éléments sont parfois négatifs comme  "la dissémination à longue distance" ou "la diffusion dans les sols". Le professeur souligne aussi que les experts n'ont pas pu donner de réponses à certaines questions. Ainsi, les dangers du maïs pour l'homme ne peuvent être établis à ce jour. De même, il est difficile de rendre un avis tranché sur l'impact économique de la culture d'un tel OGM, au-delà des seules préoccupations de l'agriculteur.

R. Rosset : des points négatifs,
un point positif, beaucoup de doutes

Pour le professeur Roland Rosset, une chose est claire, l'éventuelle activation de la clause de sauvegarde au niveau européen ne doit pas avoir d'effets de bord sur la recherche française en matière d'OGM : en milieu confiné (comme les laboratoires, les serres ou les animaleries) voire en plein air.

R. Rosset :
"Il faut continuer
la recherche en plein champ"

 

Par David Straus le 10 janvier 2008 à 11:13
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6 Commentaires

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  • Nico, le 10/01/2008 à 18h11

    OGM : NON, on n'en veux pas! merci ça ne sert que quelques multinationale Non au brevetage du vivant

  • Bernard, le 10/01/2008 à 16h55

    On aurait aussi dû s'interroger sur les dangers de la locomotive à vapeur. Aujourd'hui encore, elle tue des centaines d'hommes, tous les ans, et cela dure depuis près de 200 ans !

  • Une citoyenne en colère, le 10/01/2008 à 16h09

    Les OGM sont dangereux pour la faune et la flore mais va t on ceder pour des raisons economiques a la pression de ce lobby? J'espère pas car la je serais tres deçue de notre gouvernement. On a contasté que certains insectes qui butinent les champs d'OGM meurent sans raison apparente. Cela fait trop longtemps que l'homme joue a l'apprenti sorcier, arretons le profit et pensons a nos enfants et la planète!

  • Querci, le 10/01/2008 à 15h48

    On a tout a craindre

  • Claude, le 10/01/2008 à 15h21

    Un généticien sait bien qu'il ne faut pas confondre dissémination du pollen avec fécondation. Le maïs MON810 est un hybride et RIEN ne permet de penser que son pollen a déjà fécondé du maïs non OGM ni qu'il pourrait le faire dans l'avenir. Par contre il est tout à fait certain que les insecticides utilisés pour le maïs tuent les abeilles et les bourdons et associés aux engrais polluent irrémédiablement les sols et la nappe phréatique. Il faut être aussi peu avisé que les anti-OGM pour préférer un grand danger avéré à un éventuel petit danger dont on n'a même pas un petit début de commencement de preuve qu'il puisse arriver. C'est comme un type qui a un pistolet chargé sur la tempe et qui a peur de mourir assassiné par un petit pois alors qu'il n'est même pas sûr que cela ne puisse pas arriver un jour.

  • Christophe, le 10/01/2008 à 14h28

    "Des doutes sérieux" peuvent être très graves. Il faut cesser de jouer avec les mots et l'environnement, et de prétexter que l'appel à un moratoire sur les OGM serait une décision politique de la part de la Haute autorité. Le principe de précaution doit s'appliquer, et devait s'appliquer il y a 10 ans : aucun OGM n'aurait du être semé en pleine nature à l'époque, et surtout pas le MON810. Quant à savoir s'il faut continuer la recherche sur les OGM, je considère que les enjeux écologiques sont tels, qu'elle ne devrait se faire qu'en milieu confiné (laboratoires, serres ou animaleries), jusqu'à preuve d'une éventuelle innocuité pour l'environnement de certains OGM. A partir du moment où un OGM contamine ces "prédateurs" immédiats (bactéries, insectes,...), il faut considérer qu'il n'y a pas innocuité. La notion même de « distance » au sujet de la dissémination est une hérésie scientifique. Nous n?avons qu?une Terre, quand nous l?aurons polluée d?OGM, nous pourrons dire adieu, à terme certes, mais définitivement au bio "0,000% OGM", sans présager des effets secondaires, sur les différentes espèces qui peuplent notre planète bleue, dont une qui s'appelle l'homme... Quand aux enjeux économiques, il serait temps d?être raisonnable et de les remettre à leur juste place...

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