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DOSSIER : OGM

OGM : Sarkozy s'explique, Bové reste vigilant


le 12 janvier 2008 à 14h41
Temps de lecture
4min
José Bové

José Bové, rue de la Banque à Paris, le 12 janvier 2007 / Crédits : TF1-LCI

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EnvironnementLe président a justifié samedi l'activation de la clause de sauvegarde sur le maïs OGM MON810 par sa volonté de mettre la France à "l'avant-garde du débat sur l'environnement". José Bové, qui a cessé sa grève de la faim, continue son "combat".

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A lendemain de l'activation par la France de la clause de sauvegarde sur le maïs OGM Monsanto 810 auprès de l'UE. Nicolas Sarkozy a justifié samedi cette décision par sa volonté de mettre la France à "l'avant-garde du débat sur l'environnement". "Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas un avenir avec les OGM, ça veut simplement dire que quand le principe de précaution est en jeu", a-t-il expliqué lors le Conseil national de l'UMP, tout en se disant conscient que cette décision ne faisait pas l'unanimité au sein du parti de la majorité.

Mais "ne rien faire" aurait selon lui "mis par terre toute la crédibilité du Grenelle de l'environnement". Et une simple suspension aurait, a-t-il dit, "été critiquée à la fois par les partisans et les adversaires des OGM". La ministre de la Recherche, Valérie Pécresse, a salué une décision "équilibrée". Le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, a pour sa part prévenu que cette mesure n'était que provisoire.

Bové : "la bataille des amendements"
 
De son côté, José Bové, qui a arrêté sa grève de la faim entamée le 3 janvier aussitôt l'annonce vendredi de l'activation de la clause de sauvegarde, a bu un bol de soupe sur une table dressée rue de la Banque dans le IIe arrondissement de Paris, avec une vingtaine de personnes, dont d'autres grévistes de la faim. Il a estimé qu'ils avaient "pesé et contraint le gouvernement à signer la clause de sauvegarde" quant à la culture du MON810.

Se félicitant que son mouvement ait été suivi dans "29 villes de France", il a souligné que son "combat n'était pas terminé" car "il faut faire changer le projet de loi (sur les OGM qui) organise la coexistence entre les OGM et les autres cultures". Il s'est déclaré prêt à entrer dans "la bataille des amendements". Ce texte doit être débattu à partir du 5 février au Sénat et ne devrait pas être adopté avant les élections municipales des 9 et 16 mars.

Le moratoire divise les syndicats agricoles

Pour les professionnels des semences, la décision du gouvernement est "incompréhensible", elle est le signe du "triomphe de la démagogie". La FNSEA a pour sa part dénoncé une décision "affligeante" et guidée par des "raisons de politique politicienne", sans "suffisamment de recul". La FNSEA entend se "mobiliser pour que le gouvernement ne recule pas sur le projet de loi" sur les OGM le 5 février.

En face, la Confédération paysanne a salué ce qui selon elle constitue une "étape importante vers une alimentation sans OGM", tout en critiquant la hausse annoncée des crédits aux biotechnologies. La Coordination rurale, le troisième syndicat agricole, s'est également félicitée de cette "sage décision" qui "fera date dans l'histoire".

Pour Ségolène Royal, "il était temps". La socialiste y voit une victoire de la "transparence" sur le pouvoir "secret", tandis que Noël Mamère, le député-maire écologiste de Bègles, parle d'"une victoire nécessaire et symbolique" mais s'inquiète du sort judiciaire des "faucheurs volontaires". Dans certaines villes, des manifestations anti-OGM ont été organisées samedi. Tout en saluant la décision, les manifestants ont dit rester vigilants.

La clause de sauvegarde européenne permet d'interdire provisoirement un OGM

La "clause de sauvegarde" européenne sur les OGM, que la France a décidé d'activer pour le maïs MON 810, permet d'interdire provisoirement la culture ou la vente d'un organisme génétiquement modifié autorisé dans l'UE, en invoquant un risque pour la santé ou l'environnement. Le maïs génétiquement modifié MON 810 (conçu par le groupe américain Monsanto) est la seule culture OGM présente dans l'Union européenne, essentiellement en Espagne. Il représente moins de 1% des surfaces de maïs cultivées en France. Cette variété contient son propre insecticide contre un insecte ravageur du maïs, la pyrale. Prévue dans une loi européenne de 1990 remplacée par un nouveau texte en 2001, la clause de sauvegarde est actuellement utilisée par six pays pour différents types d'OGM autorisés par l'UE à la culture ou l'importation, dont le MON 810. La France a invoqué à deux reprises la clause de sauvegarde pour des OGM, notamment pour une sorte de colza. Les Etats membres utilisant cette clause doivent présenter à Bruxelles des éléments scientifiques "nouveaux" pour la justifier.

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