
Me Alexandre est l'avocat des ONG parties civiles (Greenpeace-France, WWF, France Nature Environnement...) dans le procès Erika. Réaction recueillie après le verdict :
LCI.fr : Quel est votre sentiment sur le verdict de l'affaire Erika (lire l'article : Erika, marée noire de condamnations) ?
Me Alexandre Faro : Nous sommes satisfaits. La reconnaissance de la responsabilité de Total est pleine et entière : la reconnaissance de celle de Rina [l'organisme de contrôle qui a délivré à l'Erika son autorisation de naviguer, NDLR] est aussi une bonne chose pour la moralisation du transport des hydrocarbures. Les sociétés savent désormais qu'elles engagent leur responsabilité quand elles délivrent un certificat. Total ne pourra plus dire : "On ne fait qu'extraire le pétrole". La responsabilité de l'affréteur de produits pétroliers est également reconnue.
LCI.fr : Total devrait faire appel. Craignez-vous que le verdict soit revu à la baisse ?
A. F. : Il y a toujours un risque de remise en question mais le jugement est extrêmement bien motivé. On part sur de bonnes bases. Selon les bruits de couloirs, l'appel pourrait intervenir assez rapidement, en mai ou septembre prochains.
LCI.fr : Pour la première fois en France, l'existence d'un préjudice écologique a également été reconnue. Etes-vous satisfait ?
A. F. : Je suis un peu plus réservé. C'est un concept très intéressant qui mérite un encadrement international mais l'indemnité pose problème. La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) a demandé cette reconnaissance du préjudice écologique et elle l'a obtenue. Ce n'est pas le cas pour les régions et les communes qui en avaient fait également la demande. Pourquoi la LPO a-t-elle été indemnisée ? Est-elle considérée comme propriétaire des oiseaux mazoutés ? La question est de savoir comment chiffrer scientifiquement ce préjudice.
| "Le principe pollueur-payeur enfin appliqué" |
Yannick Jadot, porte-parole de Greenpeace France : |
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