© sxc.huJosé Bové devrait pouvoir mettre un terme à sa grève de la faim. Devant la commission des Affaires économiques du Sénat, Jean-Louis Borloo a annoncé le retrait du projet de loi sur les OGM. Le texte controversé devait venir en discussion au Sénat le 15 janvier.
Le rapporteur du texte, Jean Bizet (UMP), s'est déclaré "surpris et déçu" : selon lui, le projet est retiré "en attendant l'avis du Comité de préfiguration de la Haute autorité sur les OGM", qui doit se prononcer mercredi ou jeudi sur le Mon810, seul OGM cultivé en France. Cet avis, a-t-il estimé, devrait déboucher sur une décision du gouvernement de faire jouer la "clause de sauvegarde", c'est-à-dire la mise en place d'un moratoire, ce qui retirera toute urgence au projet de loi. Jean Bizet a expliqué le retrait par des "pressions" exercées par José Bové, en grève de la faim contre les OGM. "La démagogie l'emporte sur la démocratie", a-t-il regretté.
Décision... ou pas
Michel Barnier, qui a rendu visite au syndicaliste agricole, a été moins définitif : "La France décidera ou non dans les jours suivant l'avis de la Haute autorité [des OGM, NDLR] de solliciter l'activation de la clause de sauvegarde". Et d'ajouter : "La Commission européenne devra dire si cette clause de sauvegarde est valide ou pas".
De son côté, José Bové a assuré qu'il cesserait sa grève de la faim si le gouvernement français utilisait à Bruxelles la clause de sauvegarde, procédure à laquelle s'étaient engagés de recourir les pouvoirs publics lors du Grenelle de l'environnement. "Je reste prudent mais tout ceci va dans le bon sens", a-t-il déclaré, se disant "encouragé par cette annonce de Jean-Louis Borloo qui fait suite aux propos de Nicolas Sarkozy". "L'examen de ce projet de loi, le premier du Grenelle de l'environnement, prévu en urgence et sans navette était en contradiction avec l'esprit du Grenelle."
Mardi, Nicolas Sarkozy s'est en effet engagé à suspendre la culture des OGM en cas de "doute sérieux" sur ces cultures. Lors de la présentation de ses vœux à la presse, mardi matin, il a indiqué : "Le Grenelle sera respecté scrupuleusement : il en va de la crédibilité de l'Etat et de la politique". Une annonce qui à l'inverse de José Bové a été conamnée par la FNSEA, qui y voit "une reculade du gouvernement". Selon Jean-Michel Lemétayer, président du syndicat agricole, "le gouvernement manque de courage politique et cède au chantage des ONG, de certains écologistes et des grévistes de la faim".
D'après agence
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