© sxc.huSuivant l'avis du comité de la Haute autorité sur les OGM, Nicolas Sarkozy a donc décidé de faire jouer la clause de sauvegarde pour le maïs transgénique MON810 commercialisé par le groupe Monsanto. Ce moratoire ne signifie pas pour autant la fin des organismes génétiquement modifiés (OGM) en France. Eléments de réponses.
Est-ce la fin des cultures d'OGM ?
OUI : Le MON810 est le seul OGM homologué pour la culture en Europe, et donc en France. En activant la clause de sauvegarde, la France interrompt la culture des OGM sur son sol pour un an au moins puisque les semis se font au printemps pour des récoltes à l'automne. "2008 est une année blanche", explique à LCI.fr Jean-Claude Guillon, directeur des affaires institutionnelles de Limagrain, groupe français de semences n°1 européen et n°4 mondial. L'avenir des expérimentations en plein champ, à des fins de recherche, reste plus incertain (lire plus bas). 
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Reste à savoir si la Commission européenne confirmera la décision française. Si Bruxelles réfutait les arguments invoqués par Paris, à savoir des éléments scientifiques nouveaux, les pro-OGM (semenciers, certains agriculteurs et scientifiques) pourraient alors militer pour la reprise de la culture du MON810.
A l'inverse, la France, qui prend la présidence européenne en juillet 2008, pourrait sur sa lancée mettre à plat la situation des OGM au sein de l'Union européenne. Elle devrait alors bénéficier du soutien des autres Etats membres, telle l'Autriche, qui ont également appliqué un moratoire.
Est-ce la fin des OGM dans les assiettes ?
NON : Les supermarchés français commercialisent une trentaine de produits dont les étiquettes indiquent qu'ils contiennent du maïs ou du soja transgénique. "Cependant, précise Arnaud Apoteker, responsable du dossier OGM à Greenpeace-France, les OGM trouvent leur chemin vers nos assiettes par l'intermédiaire de l'alimentation animale et des produits d'animaux (viande, lait...) nourris aux OGM." Et là, la présence des produits transgéniques est difficile à estimer. "3/4 des importations de soja concerne des OGM, souligne Arnaud Apoteker. 80% des OGM sont destinés à la consommation animale."
Jean-Claude Guillon, de Limagrain, fait remarquer que l'Union européenne n'a homologué qu'un seul OGM pour les cultures (le MON810) alors qu'elle autorise l'importation de 15 autres espèces transgénique.
Est-ce la fin de la recherche sur les OGM ?
NON : Quelques équipes issues de la recherche publique, principalement à l'Inra et au Cirad, travaillent actuellement sur les OGM. La recherche fondamentale devrait se poursuivre, d'autant que le recours aux OGM peut être utile sans pour autant que cela débouche sur la mise au point de nouveaux OGM. Se pose par ailleurs la question des expérimentations en plein champ, défendues par certains chercheurs afin que la France conserve une expertise dans le domaine mais que rejettent les anti-OGM : "Faire des essais en plein champ ne peut qu'aboutir à une pollution génétique de l'environnement, pointe Arnaud Apoteker. C'est inutile et dangereux." Et d'affirmer que ce type d'expériences peut être réalisé en milieu confiné ainsi qu'à partir de modélisation.
Selon Alain Weil, conseiller du directeur général du Cirad, "aujourd'hui, [du fait de l'opposition aux OGM, NDLR] la recherche française a pris du retard et bénéficie de moins en moins de partenaires pour financer ses travaux".
Quant à la recherche appliquée, destinée à produire des OGM commercialisable, elle risque de recevoir un coup d'arrêt en France. Limagrain menace d'ores et déjà de délocaliser son activité scientifique à l'étranger.
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