Image d'archives © TF1Virgin Atlantic carbure à la noix de coco. La compagnie aérienne britannique a en effet fait voler avec succès dimanche un Boeing 747 alimenté par 20% d'un biocarburant issu d'un mélange d'huile de noix de babassu et de noix de coco, associé à du kérosène traditionnel. L'engin, qui a effectué ce test sans passagers, a décollé de Londres pour atterrir à Amsterdam.
Selon Richard Branson, le patron de la compagnie, cette journée "marque une date historique pour les biocarburants et l'ensemble de l'industrie aéronautique". Elle montre "qu'il est possible de remplacer le carburant traditionnel et de faire voler un avion à l'aide de biocarburant", a-t-il déclaré. "Ce vol pionnier permettra à ceux d'entre nous qui souhaitent réellement réduire les émissions de CO2 de poursuivre le développement des carburants du futur".
Une fausse bonne idée ont, au contraire, rétorqué plusieurs ONG écologistes. Les agrocarburants de première génération, c'est-à-dire issus de plantes à sucre ou huile, présentent "beaucoup d'inconvénients et d'effets pervers", confirme à LCI.fr Jérôme Frignet, responsable du dossier Forêts à Greenpeace-France. "Les agrocarburants sont tirés de la canne à sucre et des palmiers à huile que l'on a fait pousser sur des sols qui abritaient auparavant des forêts ou des prairies", souligne-t-il. Des forêts qui sont brulées, dont on coupe les arbres...
Dans les arbres et les sols
"En Indonésie, lors d'une déforestation pour préparer le terrain à une plantation à huile, on émet en une fois l'équivalent de 60 à 200 ans d'émissions de gaz à effets de serre", affirme l'écologiste. Dans ce pays d'Asie, certaines forêts poussent sur des sols tourbeux, riches en carbone : "lors d'une déforestation, on relâche dans l'atmosphère le carbone qui était contenu dans le bois coupé et qui va être brûlé ainsi que le carbone qui était emprisonné dans les sols", pointe-t-il. Et d'ajouter que "20% des émissions de gaz à effet de serre sont directement liées à la déforestation ; donc pour diminuer ces émissions polluantes, il faut arrêter de détruire les forêts, notamment dans les pays tropicaux et les zones boréales".
Dénonçant un nouveau "coup de pub" de Richard Branson, Jérôme Frignet indique que les solutions au réchauffement climatique passent davantage par une "meilleure et une moindre utilisation des modes de transports". Cela signifie, selon lui, privilégier le transport ferroviaire au transport aérien mais aussi être plus raisonnable dans sa consommation, à savoir préférer les fruits locaux aux fruits importés du bout du monde. "Ne tombons pas dans la caricature, prévient-il, on ne va pas non plus arrêter de boire du café ou du thé sous prétexte qu'on n'en produit pas en région parisienne. Il s'agit juste de savoir faire la part des choses : ne pas acheter du raisin hors saison par exemple."
Et le carburant "vert", alors ? "Ce n'est pas la solution miracle, assure le membre de Greenpeace. Les agrocarburants de 2e génération, extraits de plantes à cellulose, type déchets de bois, sont prometteurs mais on en est encore au stade de la recherche ; le process industriel n'est pas encore au point."
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