La découverte qui remet en cause l'efficacité des OGM

le 09 février 2008 à 08h40 , mis à jour le 09 février 2008 à 08h51

Repousser les insectes ravageurs sans recours aux insecticides : c'est l'un des intérêts des OGM. Mais des cas de résistance à ces OGM ont été démontrés.

agriculture champs agricole agriculteur PAC céréales © LCI

Les cas de résistance d'insectes ravageurs à des insecticides ne sont pas nouveaux en soi. Ceux de résistance à des OGM spécialement conçus pour repousser les parasites étaient soupçonnés mais pas démontrés. Or précisément, les écologistes mettent en garde depuis longtemps contre l'apparition de résistances parmi les insectes dans les cultures génétiquement modifiées, qui conduiraient à accroître les quantités de toxines utilisées, ou à changer sans cesse de pesticide. D'où l'intérêt de la découverte de chercheurs de l'Université d'Arizona, dévoilée dans Nature Biotechnology : ils ont mis en évidence le premier cas documenté de résistance d'insectes à une plante génétiquement modifiée pour produire son propre insecticide, un coton OGM porteur d'une toxine Bt.

L'équipe de Bruce Tabashnik (département d'entomologie, Université d'Arizona) a passé en revue une dizaine d'années d'études portant sur des cultures de coton et de maïs Bt en Australie, Chine, Espagne et aux Etats-Unis. Ils ont constaté que des résistances sont apparues chez des insectes ravageurs du coton (Helicoverpa zea) dans une douzaine de champs de coton dans le Mississippi et en Arkansas entre 2003 et 2006, soit sept ans ou plus après l'introduction du coton Bt en 1996 dans ces Etats.

L'intérêt des "zones tampon"

Les insectes ont développé au fil des ans une capacité à résister à la toxine Cry1Ac, produite à partir d'un gène tiré de la bactérie Bacillus thuringiensis (Bt), délivrée par le coton génétiquement modifié. Les insectes résistants se sont révélés en revanche sensibles à un autre coton génétiquement modifié, en combinant la toxine Cry1Ac avec une autre, Cry2Ab. Les scientifiques auteurs de l'article précisent qu'aucun autre cas de résistance n'a été mis en évidence, en dépit de la mise en culture de 162 millions d'hectares de coton et de maïs Bt depuis l'introduction de ces semences par le géant américain Monsanto en 1996.

Pour prévenir l'apparition de résistances, les agronomes préconisent l'instauration de champs "refuges" autour des cultures OGM, où les insectes se croiseraient avec leurs congénères indemnes de tout pesticide. Cette stratégie semble fonctionner à condition de maintenir des refuges en abondance, notent les chercheurs. Or la proportion de ces zones tampon en Arkansas et au Mississippi, où sont apparues les résistances, était seulement de 39% contre 82% en Caroline du Nord...

D'après agence

le 09 février 2008 à 08:40
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8 Commentaires

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  • YOz, le 11/02/2008 à 00h32

    Nous n'avons pas encore suffisamment de recul pour savoir l'impact qu'auront les OGM sur notre santé. Ce qui est par contre certain, c'est qu'il faudra bien y venir à un moment ou à un autre. Un jour il n'y aura plus assez de place pour cultiver assez pour tout le monde. La Terre n'étant pas extensible mais de plus en plus peuplée...

  • Jean-Emile, le 10/02/2008 à 10h54

    Les insectes, bien que ne disposant pas des technologies à la portée de l'homme, modifient eux-mêmes leurs gènes pour survivre. C'est le "struggle for life" (la lutte pour la vie). Ils deviennent, comme nous humains par rapport à nos ancêtres disparus, des insectes "OGM". C'est l'évolution.

  • Gilles, le 09/02/2008 à 13h49

    Il faut continuer à traiter les plantes avec des produits chimiques de synthèse, c'est quand même plus sûre que les OGM.

  • Chongtak, le 09/02/2008 à 12h28

    A force de jouer avec la nature pour faire du fric, on va creer des especes d'insectes qui resistent a tout. Bravo l'humanité! Je suis pas particulierement ecolo mais la il y a lieu de s'inquieter, il va falloir choisir entre les dollars et le respect de notre planete, mais le choix est surement deja fait...

  • Jules, le 09/02/2008 à 10h51

    Si la France ne le cultive pas, elle devra l'importer...

  • Bernard, le 09/02/2008 à 10h32

    A mon avis, ces "résistances" ne sont que la conséquence de la sélection naturelle. Et sans la sélection naturelle, l'homme ne serait pas ce qu'il est (n'en déplaise aux créationnistes).

  • Bruno, le 09/02/2008 à 10h02

    Ben tiens, continuons a mlodifier le cycle de la nature nous ne lavons pas encore assez fait et nous n'en constatons pas encore les ravages avec toutes ces especes qui disparaissent et le bio diversité qui est en berne... Nous en creverons tous de leurs conneris ! Ils pensent savoir mais il ne savent rien !

  • Toto, le 09/02/2008 à 08h57

    Et ma question qui "tue" ,à laquelle personne n'ose répondre : Que se passe-t-il pour ma flore intestinale lorsque je consomme ces produits qui tueNT ,pour le maïs ,la pyrale sur sa tige ou lorsqu'elle consomme un grain de l'épi ???????

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