OGM : "torpillage" ou nouvelle donne ?

le 09 février 2008 à 09h20 , mis à jour le 09 février 2008 à 22h30

Alors que l'interdiction du maïs MON810 entre dans les faits, les écologistes dénoncent l'adoption par le Sénat du projet de loi sur les OGM.

[Expiré] [Expiré] Maïs OGM © sxc.hu

Ce sont deux informations qui semblent aller à rebours : d'un côté, l'interdiction de la culture du maïs OGM MON810, de l'Américain Monsanto, est devenue officielle samedi avec la publication de l'arrêté du ministère de l'Agriculture au Journal Officiel ; de l'autre, le Sénat a adopté en première lecture vendredi le projet de loi sur les OGM, dans une rédaction remaniée qui, selon les Verts, revient à "enterrer l'esprit de Grenelle". Au final, insatisfaction tout à la fois des agriculteurs favorables aux OGM et des écologistes.

Mises côte à côte, ces deux informations marquent une étape dans le long conflit sur les OGM. La mise entre parenthèses de la culture de l'emblématique MON810 en France était acquise. Cette interdiction s'applique "jusqu'à ce qu'il ait été statué sur une demande de renouvellement de l'autorisation de mise sur le marché de cet organisme", précise le texte de l'arrêté. Les producteurs de maïs avaient déjà prévenu, le 31 janvier, qu'ils allaient attaquer ce décret, par une procédure d'urgence au Conseil d'Etat. Samedi, une porte-parole du groupe américain Monsanto qui commercialise le maïs OGM MON810 a indiqué que l'entreprise étudiait  "toutes les options légales" dans ce dossier, refusant toutefois de se prononcer sur un éventuel recours devant le Conseil d'Etat.

Les essais en plein champ continuent

De son côté, le leader altermondialiste José Bové a exprimé sa satisfaction samedi après l'interdiction officielle de la culture du maïs OGM MON810. Une telle décision ne signifie toutefois pas que la France tourne le dos à la recherche sur les biotechnologies. Michel Barnier l'avait déjà annoncé. Au final, les essais OGM en plein champ continueront cette année ; ils devront simplement recevoir l'aval d'un Haut conseil ad hoc, où les scientifiques domineront sur les représentants de la société civile.

Car si les anti-OGM semblent avoir obtenu des gages sur l'un des symboles de leur lutte, le fameux MON810, le texte adopté au Sénat a comme un goût de revanche pour les pro-OGM. Les sénateurs se sont autorisé un certain nombre d'entorses au consensus de Grenelle, en décidant de créer, au lieu d'une "Haute autorité sur les organismes génétiquement modifiés", un "Haut conseil des biotechnologies", qui sera présidé par un scientifique. Le Haut conseil sera composé d'un "comité scientifique" et d'un "comité de la société civile", le premier formulant des "avis" et le second des "recommandations", une formulation qui consacre la primauté des scientifiques, le plus souvent favorables aux biotechnologies.

75.000 euros d'amende

Le texte crée également un délit de fauchage d'OGM, rendu passible de deux ans de prison et 75.000 euros d'amende. Il organise aussi la coexistence des cultures de plantes transgéniques avec les productions conventionnelles - alors que la possibilité même d'une telle coexistence est niée par les adversaires des OGM. Mais il est vrai que le projet de loi est, sur ce point, dans la droite ligne d'une directive européenne de 2001, que la France aura longtemps tardé à transcrire en droit national. Il soumet "la mise en culture, la récolte, le stockage et le transport" d'OGM "au respect de conditions techniques notamment relatives aux distances entre cultures ou à leur isolement, visant à prévenir la présence accidentelle d'OGM dans d'autres productions".

Le projet de loi devra encore passer le cap de l'examen par l'Assemblée nationale d'ici deux mois. Les écologistes comptent organiser la contre-attaque et en appeler à l'opinion publique. Parmi les premières réactions, Eric Delhaye, porte-parole de CAP21, parti écologiste associé au MoDem, a ainsi dénoncé vendredi le "torpillage en règle des sénateurs de la majorité" avec ce projet de loi sur les OGM. Selon lui, "la confiance risque d'être rompue avec le monde associatif et les écologistes".

D'après agence

le 09 février 2008 à 09:20
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8 Commentaires

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  • Carisa, le 10/02/2008 à 10h39

    On n'y comprend plus rien;faut-il avoir un bac plus 10 pour suivre le sujet?

  • A, le 09/02/2008 à 21h56

    On traite les agriculteurs comme des empoisonneurs. Apparemment ils n'ont pas fini, ils vont se mettres sur les tomates: eh oui les satellites du portables contaminent les tomates mais pas celles de la tv et grandes chaines et internet. Une fois j'ai tué un moustique avec du déodorant. Et la bouffe, tout ce qui reste plus qu'a chaufé, tous ces produits chimiques qui y a dedants! ces parfums qui "embaume la pièce". Mais bien sûr ils en parleront pas car ça leurs plait trop... Mais ça m'inquiète de l'avenir

  • André, le 09/02/2008 à 13h44

    N'en déplaise aux "écolos-bobos"Il est temps que des vrais responsables prennent enfin les commandes de la future agriculture Française.Les OGM vont permettre à nos agriculteurs de combattre les maladies des plantes sans utiliser les pesticides chimiques.

  • Detassigny, le 09/02/2008 à 13h01

    Enfin ! des gens responsables , les scientifiques ( les vrais ) ont raison sur les "BOBO ECOLO ANTI-OGM " ces NOMBRILICULTEURS BIO !!! Bové va encore maigrir !.....

  • Phil, le 09/02/2008 à 12h51

    C'est une suite de plus de déceptions pour les français de la politique spectacle de ce gouvernement. LE GRENELLE DE L'ENVIRONMENT c'etait une farce. Les ecologiste vont aprécier.

  • Nouchka, le 09/02/2008 à 11h43

    Ni nouvelle donne, ni torpillage, juste une chose que tout le monde oublie : la nature a une grande facultée d'adaptation. Mais les chercheurs pensent à tout sauf à ça il faut dire que les enjeux économiques sont telles...

  • Xx, le 09/02/2008 à 10h35

    Je suis pour la recherche des ogm pour les medicaments, les bio carburants comme les algues cultivés dans des reacteurs, mais je suis contre les ogm pour la consommation humaine, la nature trouve toujours un chemin en quelques generation, de plus il ne controle pas sa diffusion, les autres champs sont contaminés, on ne connait pas encore l'influence sur la chaine animal et humain. C'est une question de bon sens, si ce n'est pas cultivé sous serre, il faut arreter ca. J'ai arrete de manger du mais, mais les viandes et les poissons doivent en contenir. On nous contamine.

  • Tschumperlé, le 09/02/2008 à 10h06

    Les lobbies des agriculteurs et des chimistes vont se mettre en branle. Les verts vont recevoir des chèques.

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