Le projet de loi OGM au Sénat

le 05 février 2008 à 07h40 , mis à jour le 05 février 2008 à 08h24

Le texte entend notamment fixer les règles de transparence des cultures, d'information des citoyens et de responsabilité des producteurs.

OGM maïs © LCI

LCI picto cliquez regardez
Ce que prévoit le texte
 

Discussions houleuses en perspective. Longtemps attendu et toujours aussi polémique, le projet de loi sur les organismes génétiquement modifiés arrive mardi au Sénat pour trois jours de débats. "Ce sera un combat difficile mais pas perdu d'avance", estimait lundi le sénateur UMP de la Manche Jean-François Le Grand, président de la Haute autorité provisoire sur les OGM, alors même que la commission des affaires économiques du Sénat a déposé une cinquantaine d'amendements pour, selon lui, "édulcorer le texte dans le sens des pro-OGM". "Il est temps de sortir du flou entre ceux qui cultivent les peurs collectives et ceux bardés de certitudes", ajoutait Jean-François Le Grand, en rappelant que la société civile a réclamé à l'unanimité ces éclaircissements lors du Grenelle de l'environnement à l'automne.
 
La précédente tentative de légiférer sur le sujet, en 2006 avec un projet qui ne satisfaisait pratiquement personne, avait tourné court après l'ouverture du débat devant le Sénat. Or la nécessité d'une loi répond aussi à un impératif juridique: la France, poursuivie pour défaut de transposition de deux directives européennes datant de 1998 et de 2001, risque une sanction évaluée à plus de 42 millions d'euros.

"Ne pas trahir les décisions du Grenelle"
 
Le texte, dans sa version initiale, prévoit la création d'une Haute Autorité permanente et entend fixer les règles de transparence des cultures, d'information des citoyens et de responsabilité des producteurs - semenciers et agriculteurs-. Ainsi, les agriculteurs qui mettent en culture des OGM seraient tenus de souscrire une garantie financière afin de pouvoir réparer le préjudice économique éventuel en cas de contamination accidentelle.
 
Son principal défaut cependant, aux yeux des associations de défense de l'environnement, est d'inscrire en préambule le "droit de produire avec ou sans OGM". "Un glissement préoccupant par rapport au Grenelle qui affirmait, lui, le droit de produire et consommer sans OGM", note aussi le sénateur Vert du Haut-Rhin Jacques Müller. Jugeant que les amendements "grotesques" de la Commission du Sénat et de son rapporteur Jean Bizet (également sénateur UMP de la Manche) "constituent une véritable provocation", Greenpeace appelle les sénateurs "à ne pas trahir les décisions du Grenelle".
 
L'association redoute notamment un amalgame entre le seuil d'étiquettage européen de 0,9% - à partir duquel la mention OGM est obligatoire - et un seuil de contamination "acceptable". "La loi laisse entendre qu'il est possible d'organiser la coexistence des OGM avec d'autres cultures, alors qu'on a aujourd'hui la preuve du contraire", note Arnaud Gossement, de la fédération France Nature environnement (FNE, 3.000 associations). A l'appui de ces craintes, Greenpeace cite un sondage commandité au CSA, montrant que 72% des Français interrogés souhaitent pouvoir consommer sans OGM et que pour 71% d'entre eux, cela signifie zéro OGM "et non pas un produit sans OGM contaminé à 0,9%", relève l'ONG.
 
(Sondage CSA réalisé pour Greenpeace par téléphone les 30 et 31 janvier, auprès d'un échantillon représentatif de 1.004 personnes).
 

(D'après agence)

le 05 février 2008 à 07:40
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Sciences
  

5 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Jeanne72, le 07/02/2008 à 10h25

    Il n'y a pas de demi mesure possible: ou on lâche tout en autorisant la culture des OGM comme aux EU, ou on ne lâche rien et on interdit toute culture en plein champ, seule façon d'éviter la contamination du BIO et la dissémination incontrôlée de micro organismes dont on ne sait pas tout (possibilité de nouveaux virus p ex). La France a une occasion unique de s'imposer par sa biodiversité et l'extension du bio, demandé de plus en plus par les consommateurs. Anti OGM, tenez bon! Les OGM producteurs de médicaments peuvent très bien être cultivés en milieu confiné, levures, bactéries, cultures de cellules sont déjà utilisés depis longtemps.

  • Marcel, le 05/02/2008 à 16h41

    72 pour cent des Français souhaitent consommer sans OGM ! Ah ah il y longtemps qu'ils en mangent sans le savoir ,pour les fétes qui c'est qui a déguster du foie gras venant de bestioles gavés au mosanto ?

  • Toinel, le 05/02/2008 à 14h01

    Tous ces agriculteurs avides de rendement, ne voient ils pas plus loin que le bout de leur compte en banque,avec les pesticides les OGM et toutes ces saloperies qu'ils balancent à longueur d'année, ça ne les gênent pas d'empoisonner même leurs enfants ?Cela suffit assez.... Les defenseurs de la nature et du bien vivre doivent se battre pour un France saine.

  • LABATY, le 05/02/2008 à 12h55

    Il fallait se douter que le lobby pro OGM réagirait au Grenelle de l environnement.Aprés ACCOYER voila BIZET (UMP).Conclusion:Pour sauver la planète ne votez pas UMP aux prochaines élections.

  • Jacky, le 05/02/2008 à 09h42

    Tout ca c'est une histoire de pognon pour les geants de l'agoalimentaire, pour vendre il sont capables de ous dire n'importe quoi. Vous croyez vous sans etre un expert que les pollens de ces plantes resteront dans le champ ou elles sont plantés et qu'elles s'accrocherons pour ne pas aller poluer plus loin au moindre coup de vent??? Et les effets pervers ne seront peut etre visible que dans 10, 20 ou même 50 ans! alors bonjour les dégâts!!!!!!

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience