René Marquèze, le chasseur qui avait abattu l'ourse Cannelle, lors de sa comparution (12 mars 2008) © TF1/LCILe procès du chasseur responsable de la mort de l'ourse Cannelle, en 2004, s'est ouvert mercredi devant le tribunal correctionnel de Pau. René Marquèze, 65 ans, longuement interrogé par la présidente du tribunal et par les avocats des parties civiles, a maintenu sa version des faits, assurant n'avoir tiré qu'en dernier recours, après avoir cherché à éviter l'animal lors d'une partie de chasse au sanglier. Il avait été mis en examen le 7 décembre 2004 pour "destruction d'espèce protégée" et comparaît en correctionnelle jusqu'à vendredi au terme d'une procédure marquée notamment par l'annulation, le 6 avril 2007, d'un non-lieu rendu par le juge d'instruction de Pau en janvier 2007.
René Marquèze a expliqué à la barre qu'il n'avait eu recours à son arme qu'après avoir quitté un abri où il s'était d'abord réfugié, et au moment où le plantigrade, lancé à ses trousses, se trouvait à quelques mètres seulement de lui. Seize personnes étaient appelées à témoigner au cours de la première audience qui s'est poursuivie dans la soirée, parmi lesquelles les cinq compagnons de chasse du prévenu le jour des faits et plusieurs vétérinaires et experts, dont un spécialiste en balistique de la police scientifique de Toulouse.
René Marquèze veut "que cela finisse une fois pour toutes"
Les avocats des parties civiles se sont notamment efforcés d'obtenir des précisions sur la distance qui pouvait séparer le chasseur de Cannelle au moment du tir mortel, élément-clef pour juger de la situation d'urgence invoquée par René Marquèze pour sa défense. De l'avis d'un avocat des parties civiles, Me François-Xavier Kelidjian, qui représente la fondation Brigitte Bardot et la Fondation d'assistance aux animaux, les expertises et témoignages de mercredi ont permis d'évaluer distance "entre 9 et 45 mètres environ, c'est-à-dire avec une précision insuffisante pour trancher".
La fondation Brigitte Bardot avait estimé, dans un communiqué publié avant le procès, que cette audience constituait à elle seule "une réelle victoire dans cette affaire, car enfin la mort de Cannelle va pouvoir être jugée". Dix-neuf associations de défense de la nature figurent parmi les parties civiles, dont la Société Protectrice des Animaux (SPA), le Fonds mondial pour la nature (WWF), France nature environnement, le Fonds d'intervention éco-pastoral, Nature Midi-Pyrénées, la Sepanso et la Société nationale de protection de la nature et d'acclimatation.
Un autre avocat, Me Jean-François Blanco, intervenant au nom de la Fédération nationale des associations de défense de l'environnement, a estimé mercredi en marge du procès que cette procédure était "d'une importance capitale pour la préservation de la faune sauvage". "Je suis plus serein, avec la perspective que cela finisse une bonne fois pour toutes", a pour sa part indiqué René Marquèze dans des propos rapportés mercredi par la République des Pyrénées, ajoutant qu'il a cessé de chasser depuis deux ans.
D'après agence
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