Mort de Cannelle : le procès du chasseur

le 12 mars 2008 à 05h00 , mis à jour le 12 mars 2008 à 09h30

Le responsable de la mort en 2004 de l'ourse, considérée comme la dernière ourse de souche pyrénéenne, comparaît à partir de mercredi à Pau.

René Marquèze, le chasseur qui avait abattu l'ourse Cannelle, lors de sa comparution (12 mars 2008)René Marquèze, le chasseur qui avait abattu l'ourse Cannelle, lors de sa comparution (12 mars 2008) © TF1/LCI

René Marquèze, le chasseur qui a tué Cannelle le 1er novembre 2004, comparaît depuis ce matin devant le tribunal correctionnel de Pau. Le plantigrade femelle était considéré comme la dernière ourse de souche pyrénéenne. Mis en examen le 7 décembre 2004 pour "destruction d'espèce protégée", le chasseur avait toujours affirmé n'avoir tiré qu'en dernier recours, après avoir cherché à éviter l'animal à plusieurs reprises, lors d'une partie de chasse en montagne. Un non-lieu avait alors été prononcé. Plusieurs associations écologistes avaient alors fait appel. La cour d'appel de Pau leur avait donné raison en décidant le renvoi en correctionnelle du chasseur.

Me François Ruffié, l'un des avocats des associations parties civiles, avait alors déclaré que ce procès "[permettrait] d'examiner les circonstances exactes de la mort de Cannelle et de prendre la mesure de l'échec de la politique menée depuis 30 ans pour la protection de l'ours".

"Il risque d'y avoir d'autres Cannelle"

La mort de l'animal avait provoqué une vague d'indignation en France, incitant le gouvernement à mettre en place un plan de "renforcement de la population d'ours bruns" dans les Pyrénées. Les associations espèrent par ce procès que la lumière sera faite sur les responsabilités du chasseur présenté à la barre, mais surtout sur le rôle des sociétés de chasse qui, en dépit des accords signés sur la pratique des activités de chasse en présence d'ours, ont laissé leurs adhérents partir le fusil à l'épaule.
 
Pour FNE "Tant que l'État n'aura pas eu le courage de se pencher sur l'exercice de la chasse dans les zones de présence des ours, il risque d'y avoir d'autres Cannelle, et cela ne pourra que nuire à la bonne réalisation du plan de restauration de la population d'ours dans les Pyrénées, plan pour lequel pourtant l'État s'est beaucoup investi. On ne peut décider de relâcher des ours sans se donner les moyens de leur survie ".

D'après agence

le 12 mars 2008 à 05:00
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