René Marquèze, le chasseur qui a tué l'ourse Cannelle en novembre 2004 © TF1/LCILe ministère public a requis vendredi la relaxe de René Marquèze, le chasseur poursuivi pour "destruction d'espèce protégée" après avoir tué l'ourse Cannelle en novembre 2004. Le procureur Erick Maurel a en effet reconnu devant le tribunal correctionnel de Pau que les faits étaient établis mais a estimé qu'aucune faute n'avait été commise ce jour-là par les chasseurs.
Tout au long du procès, qui s'est ouvert mercredi, René Marquèze, 65 ans, a évoqué l'état de nécessité pour justifier d'avoir tiré à deux reprises avec un fusil de chasse le 1e novembre 2004 sur celle qui était considérée comme la dernière ourse femelle de souche pyrénéenne. Pour le procureur, les chasseurs, qui participaient à une battue aux sangliers sur les hauteurs d'Urdos dans la vallée d'Aspe, "avaient le droit de chasser ce jour-là à cet endroit-là". Il a estimé que "ce n'est pas un tir posé mais un tir instinctif" qui a foudroyé l'animal, assurant que "la menace était là" et qu'il ne fallait pas faire de René Marquèze "un bouc émissaire".
Jusqu'à 20.000 euros demandés
Les avocats de la vingtaine de parties civiles, des associations écologistes, avaient réclamé précédemment des dommages et intérêts allant de l'euro symbolique à 20.000 euros. Le jugement a été mis en délibéré au 21 avril.
L'affaire avait fait scandale chez les défenseurs de la nature qui soutiennent le programme de réintroduction de l'ours dans les Pyrénées, entamé au début des années 1980 pour empêcher la disparition de l'espèce de l'ours brun. Le programme avait été relancé après la mort de Cannelle, avec l'apport de cinq ours de Slovénie, dont une, Franska, qui a été tuée par une voiture en août 2007. Les ours bruns seraient aujourd'hui une quinzaine dans les Pyrénées. Des manifestations et des actions parfois violentes ont depuis opposé défenseurs et opposants à la réintroduction de l'ours.
(D'après agence)
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