ogm maïs © TF1/LCI"On va continuer cette bataille qui reprendra à l'Assemblée nationale" début mai. Ces propos de Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée nationale, le confirment : les parlementaires socialistes ne sont pas près de lâcher du lest sur le projet de loi sur les OGM. Le texte est débattu ce mercredi au Sénat en deuxième lecture. Au centre des discussions : l'amendement 252. Proposé par le député PCF Chassaigne et voté à l'Assemblée nationale en première lecture, cet amendement limite l'utilisation des OGM notamment dans les zones AOC.
Pour calmer la colère de la majorité, les sénateurs UMP vont le sous-amender en jouant sur la notion de seuil de définition du "avec ou sans-OGM". "En oeuvrant pour vider l'amendement 252 de son sens et de son efficacité, la majorité UMP s'attaque à l'héritage agricole de qualité de nos territoires", ont accusé mercredi les députés du groupe socialiste, radical et citoyen (SRC). "On ne peut pas faire du foie gras du Périgord avec du maïs OGM", a souligné le député socialiste, Germinal Peiro (Dordogne).
Pour son collègue Philippe Martin (Gers), "l'importance du 252 dépasse les OGM. Selon le sort qui lui sera réservé, nous pourrons voir si la rupture entre le groupe UMP et le Grenelle de l'Environnement est consommée ou non". "Le Grenelle de l'Environnement apparaît comme une grande duperie. On continuera de mobiliser. On souhaite que le courant d'opinion s'amplifie", a conclu Jean-Marc Ayrault, en référence à un "comité de soutien à l'amendement 252" dont la pétition a recueilli 20.000 signatures, selon le PS.
Commission d'enquête
Le groupe SRC estime que la majorité "donne des gages aux grands céréaliers et aux multinationales de la semence favorables à la généralisation des OGM". Les neuf parlementaires Verts vont plus loin : "les arguments développés par les parlementaires de la majorité, au Sénat comme à l'Assemblée, ressemblent de façon troublante aux positions que défendent les firmes fabriquant ou commercialisant les plantes génétiquement modifiées", notent-ils. Et de souligner que ces inquiétudes se sont même exprimées "au sein de la majorité parlementaire" où un sénateur et un député ont mis en cause l'influence de lobbies. Ils souhaitent donc qu'une commission d'enquête puisse évaluer "la nature des relations entre les entreprises semencières et les parlementaires".
En réponse aux accusations lancées par les écologistes, le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, avait dénoncé la semaine dernière le "lobbying" des anti-OGM sur les députés, critiquant la présence de José Bové dans les tribunes du Palais-Bourbon. Autre persona non grata au Sénat : Nathalie Kosciusko-Morizet. Après ses critiques envers Jean-François Copé et Jean-Louis Borloo, sa présence n'est "pas souhaitable" pour la "sérénité" des débats, a déclaré mercredi dans une interview à Public Sénat le sénateur UMP de la Manche Jean Bizet, rapporteur du projet de loi sur les OGM au Sénat.
Lettre ouverte pour l'amendement Chassaigne |
Quarante personnalités - scientifiques, acteurs, écrivains, chanteurs - demandent le maintien de l'amendement Chassaigne (PCF) dans le projet de loi sur les OGM qui doit être soumis au Sénat, dans une lettre ouverte au Premier Ministre et aux sénateurs publiée mercredi dans Libération. Cet amendement est "le seul adopté par l'Assemblée nationale qui garantit de protéger les structures agricoles, les écosystèmes locaux et les filières de production et commerciales qualifiées sans OGM", écrivent les signataires, parmi lesquels Nicolas Hulot, Juliette Binoche, Jean-Louis Etienne, Florent Pagny et Jonathan Littell. |
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