Nathalie Kosciusko-Morizet © AbacapressAprès avoir essuyé une volée de bois vert de la part des députés UMP, Nathalie Kosciusko-Morizet réplique et tire à boulets rouges. Dans l'édition de jeudi du Monde, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie ne mâche pas ses mots : "Il y a un concours de lâcheté et d'inélégance entre Jean-François Copé, qui essaie de détourner l'attention pour masquer ses propres difficultés au sein du groupe [UMP à l'Assemblée nationale], et Jean-Louis Borloo, qui se contente d'assurer le minimum."
Borloo "touché" par sa caricature de poivrot
Le ministre du Développement durable s'est exprimé dimanche sur les caricatures le montrant titubant ou balbutiant, négligé et éméché.
Publié le 16/11/2009
En début d'après-midi, la secrétaire d'Etat est revenu sur ses propos. Elle juge l'article du Monde "excessif dans sa formulation" et assure qu'elle n'a pas l'intention de démissionner. "Je suis dans une position difficile mais (...) je ne me sens pas en porte-à-faux avec ce texte" sur les OGM qui doit être voté mercredi à l'Assemblé nationale, a-t-elle déclaré sur France Inter. "Je regrette d'avoir lancé une polémique pareille. Je dis simplement que quand les uns et les autres essaient de montrer en permanence qu'il y aurait des divergences entre le ministre de tutelle et la secrétaire d'Etat, c'est bien qu'ils puissent dire ensemble que ce n'est pas le cas", a-t-elle ajouté.
Colère des députés UMP
Rappel des faits : lors de la discussion à l'Assemblée nationale du projet de loi sur les OGM, Jean-François Copé a reproché à "NKM" d'avoir laissé passer l'amendement 252, défendu par le député PCF André Chassaigne et qui limite la culture des OGM. Un amendement adopté dans la nuit de mercredi et pour lequel la secrétaire d'Etat s'en était remis à la "sagesse" de l'Assemblée. Commentaire de Jean-François Copé : "Lorsqu'un gouvernement s'en remet à la sagesse de l'Assemblée sur un amendement venant de la gauche, ça veut dire qu'en réalité il l'approuve".
Face à la colère des députés UMP, François Fillon a déclaré : "L'amendement Chassaigne n'aurait pas dû être voté". Et le Premier ministre s'est engagé à le faire sauter en deuxième lecture au Sénat. Avec l'approbation de Jean-Louis Borloo et Valérie Pécresse, ministre de la Recherche. Ce que Nathalie Kosciusko-Morizet n'a pas digéré.
"Quand il veut, il vient"
"Si le travail de préparation préalable avait été fait dans le groupe, cela ne se serait pas produit, poursuit la secrétaire d'Etat dans Le Monde. Ce n'est pas normal qu'il y ait eu aussi peu de députés en séance. Manifestement, Copé n'arrive pas à tenir le groupe. Quant à Jean-Louis (Borloo), j'attends avec impatience qu'il vienne exprimer la 'parole unique' du gouvernement dans l'Hémicycle. Quand il veut, il vient." Et d'appeler "chacun à prendre ses responsabilités".
Interrogé sur la sortie de NKM, Luc Chatel, le porte-parole du gouvernement, a déclaré mercredi : "Ses propos n'engagent qu'elle". Evoquant les débats au sein du gouvernement, de la majorité et de la société sur les OGM, il a indiqué qu'"à un moment, le gouvernement arbitre". Et de préciser que pour le Premier ministre, "l'amendement Chassaigne ne correspondait pas à l'équilibre" mis en place par le texte, après son passage au Sénat.
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