Tee-shirt d'un manifestant anti-OGM © TF1-LCI 
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Les débats doivent se poursuivre jusqu'à jeudi. La pression aussi. C'est ce qu'a promis José Bové, posté devant l'Assemblée nationale avec une centaine de manifestants anti-OGM, tandis que les députés ont entamé l'examen du projet de loi sur les organismes génétiquement modifiés. Les 577 députés ont d'ailleurs reçu des pots de miel de la part d'apiculteurs du Gâtinais pour leur demander, sans sit-in ni banderoles, de ne pas voter cette loi. Mais certains députés UMP, comme Antoine Herth, déplorent l'ampleur des pressions qui frise parfois les tentatives d'intimidation de la part de certains lobby pro-OGM, estime-t-il.
Sur injonction de Bruxelles, la France doit réglementer ses cultures d'OGM, actuellement suspendues sur notre territoire. Le projet de loi est déjà passé le 8 février au Sénat, où l'esprit du texte a été modifié, au grand dam des écologistes : le texte a plutôt été amendé dans le sens des pro OGM. Les anti-OGM espèrent cette fois un rééquilibrage en leur faveur. Un débat qui s'annonce aussi houleux au sein de l'hémicycle.
Barnier : "préciser les règles d'une meilleure coexistence"
En ouverture de la session de débat, le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, a appelé les députés à ne "pas décourager" les laboratoires et les entreprises. "Prenons garde de ne pas décourager davantage les laboratoires et les entreprises, publics et privés, qui ont besoin d'un cadre lisible sécurisé et clair pour bâtir l'avenir", a insisté le ministre. "Nulle part il n'est écrit que les céréales doivent être américaines, les biocarburants brésiliens ou la recherche, indienne ou chinoise, et que la facture doit être seulement européenne", a-t-il déclaré sous les applaudissements. I
l a ensuite attiré l'attention sur le "décalage", selon lui, "qui existe entre le développement des biotechnologies outre-Atlantique et le rythme d'homologation de nouvelles filières importées en Europe, qui fragilise le développement de nos filières". La loi sur les OGM doit "préciser les règles d'une meilleure coexistence" des organismes génétiquement modifiés avec les autres formes d'agriculture, a-t-il dit.
Legrand créé le trouble
Réponse du PS : le projet est un "reniement des engagements pris" au Grenelle de l'environnement. Ce texte "ne garantit aucunement la possibilité de produire et de consommer sans OGM, et va à l'encontre du principe de précaution. La preuve de la coexistence des cultures (OGM et non OGM, ndlr) n'étant pas avérée à long terme, le projet entérine de façon irréversible la généralisation d'une agriculture française dépendante des OGM", selon un communiqué du BN.
Mais le débat dépasse le débat droite-gauche. Un sénateur UMP, Jean-François Legrand, a estimé, dans Le Monde (daté de mercredi), que ses collègues avaient succombé aux charmes des semenciers, au lobby de la firme Monsanto. Accusation qui a aussitôt "choqué" les sénateurs UMP. "Ces propos mettent en cause leur impartialité et ternissent leur honorabilité", a souligné le président du groupe.
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