© Médiathèque de la Commission européenneLes plus gros pollueurs de la planète sont réunis à Paris depuis jeudi. Seize pays cumulant 80% des émissions mondiales de gaz à effet de serre : les Etats-Unis, la France, l'Allemagne, l'Italie, le Royaume-Uni, le Japon, la Chine, le Canada, l'Inde, le Brésil, la Corée du Sud, le Mexique, la Russie, l'Australie, l'Indonésie et l'Afrique du Sud. La Commission européenne, la présidence slovène de l'UE et les Nations unies sont également représentées.
Après un premier sommet en septembre 2007 à Washington suivi d'une réunion d'experts en janvier à Hawaï, ce troisième rendez-vous des "MEM" ("Major economies meeting") doit être plus particulièrement consacré aux possibilités de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) par secteurs de production (ciment, sidérurgie, électricité...) et aux transferts de technologie. L'occasion pour Nicolas Sarkozy de prononcer un discours devant cette assemblée vendredi matin.
"Discours néanderthalien"
Les Etats-Unis, instigateurs de ce forum, ont annoncé mercredi qu'ils entendaient arrêter la progression de leurs émissions d'ici 2025, pour commencer d'inverser la tendance. Cependant, le président George W. Bush n'a pas fixé d'objectif contraignant et chiffré, ni proposé de nouvelles mesures. "Un discours décevant" et même "néanderthalien", selon le ministre allemand de l'Environnement, Sigmar Gabriel. Son homologue sud-africain, Marthinus van Schalkwyk, a été plus mordant... et plus pragmatique : "Nous attendons avec impatience l'administration américaine qui succèdera à l'actuelle, parce que nous croyons qu'elle ne pourra que mieux faire".
Greenpeace estime que Nicolas Sarkozy devrait zapper la réunion. "L'absence du président de la République au MEM serait la seule réponse responsable au discours de Bush", selon l'ONG. Les Etats-Unis, premiers "pollueurs" avec la Chine, restent le seul pays industrialisé à ce jour à ne pas avoir ratifié le Procotole de Kyoto qui, dans sa première version en vigueur jusqu'en 2012, n'assigne de contrainte chiffrée qu'aux pays développés. Chine et Etats-Unis refusent de s'engager sans l'autre.
Déclaration de leaders
La Maison-Blanche compte cependant rallier un consensus autour d'une "déclaration des leaders" des MEM, qu'elle pourrait publier lors du sommet du G8 en juillet au Japon et qui continue d'être discutée par un comité de rédaction créé à cet effet. Au mieux, il s'agira d'une déclaration d'intention.
Car la Chine, l'Inde ou le Brésil ne manquent pas de rappeler, de concert avec l'Union européenne, que l'ONU reste la seule enceinte de négociations, au titre de la Convention sur les changements climatiques adoptée à Rio en 1992. L'Union européenne, dans ce cadre, prône une réduction d'au moins 20% des émissions mondiales d'ici 2030 et vise -50% pour 2050.
D'après agence
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