Le tueur de Cannelle relaxé

le 21 avril 2008 à 15h04 , mis à jour le 21 avril 2008 à 16h12

René Marquèze, le chasseur qui avait tué la dernière ourse de souche pyrénéenne en novembre 2004, a été relaxé par le tribunal correctionnel de Pau.

cannelle chasseur René MarquèzeRené Marquèze, le chasseur qui a tué l'ourse Cannelle en novembre 2004 © TF1/LCI

Le tribunal correctionnel de Pau a prononcé lundi la relaxe de René Marquèze, le chasseur qui avait tué en 2004 l'ourse Cannelle, dernière ourse de souche pyrénéenne. La juge a suivi en cela les réquisitions du procureur de la République qui avait estimé le 14 mars, après trois jours de débats difficiles, que le chasseur se trouvait en état de "nécessité" quand il avait ouvert le feu, une thèse contestée par les parties civiles - de multiples associations de défense de la nature. En faisant connaître sa décision, la magistrate a notamment souligné l'absence d'une "interdiction formelle" de chasser le jour de la battue au cours de laquelle Cannelle a été tuée. Le parquet général peut théoriquement faire appel de ce jugement, dans un délai de deux mois.

Au cours de la longue procédure, marquée notamment par l'invalidation d'un non-lieu en sa faveur rendu par le juge d'instruction, René Marquèze avait toujours assuré n'avoir tiré qu'en dernier recours, lors d'une partie de chasse au sanglier, après avoir cherché à se protéger lui-même de l'animal qui le chargeait.

Un véritable "permis de tuer", pour les défenseurs des animaux

Mais l'affaire avait fait scandale chez les défenseurs de la nature qui soutiennent le programme de réintroduction de l'ours dans les Pyrénées, entamé au début des années 1980 pour empêcher la disparition de l'espèce de l'ours brun. Les avocats de la vingtaine de parties civiles, des associations écologistes, avaient d'ailleurs réclamé des dommages et intérêts allant de l'euro symbolique à 20.000 euros.

Signe de cette mobilisation des défenseurs des animaux, dès l'annonce du jugement, Me François-Xavier Kelidijan, avocat de la fondation Brigitte Bardot et de la fondation Assistance aux animaux (FAA), a dit sa "déception" et estimé qu'un "blanc-seing a ainsi été délivré aux chasseurs" sous la seule réserve d'une "interdiction formelle" de chasse. Pour sa part, le Fonds mondial pour la nature (WWF) a estimé que la décision du tribunal correctionnel de Pau "met à bas la protection de nombreuses espèces animales en France", en accordant un "permis de tuer".

Depuis la mort de Cannelle, le programme de réintroduction de l'ours a été relancé avec l'apport de cinq ours de Slovénie, dont une, Franska, qui a été tuée par une voiture en août 2007. Les ours bruns seraient aujourd'hui une quinzaine dans les Pyrénées. Des manifestations et des actions parfois violentes continuent à opposer régulièrement défenseurs et opposants à la réintroduction de l'ours.

D'après agence

le 21 avril 2008 à 15:04
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