La centrale nucléaire de Krsko en Slovénie © TF1/LCI"Tout va bien". Dragutin Mate, le ministre slovène de l'Intérieur, a assuré jeudi que l'incident qui s'est produit la veille à la centrale nucléaire de Krsko n'était pas "problématique". Il a indiqué, en marge d'une réunion avec ses homologues européens à Luxembourg, que "l'environnement [n'était] pas pollué" et que "la situation [était] stable".
Mercredi, à 15h07, une fuite d'eau d'un débit de 2,4 m3/h s'est produite sur le circuit primaire principal du réacteur qui fonctionnait alors à pleine puissance. La fuite, qui s'est arrêtée à 2h du matin, a été contenue dans l'enceinte de confinement et il n'y a pas eu de rejet dans l'environnement, selon l'Autorité de sûreté nucléaire slovène (SNSA). Le réacteur a été mis à l'arrêt mais sans procédure d'urgence.
"Autorité sérieuse"
La SNSA "est une autorité sérieuse", souligne à LCI.fr Jean-Christophe Niel, directeur général de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) française. "Sans chercher à relativiser la portée de l'événement, ce type de fuite n'a rien d'exceptionnel, pointe-t-il. Cela fait partie des situations envisagées" par les autorités nucléaires et les exploitants de centrales. Interrogé sur la survenue d'incidents similaires dans les centrales françaises, le D.-G. de l'ASN déclare ne "pas disposer d'éléments à l'heure actuelle" (début de matinée, jeudi).
En revanche, il est catégorique : c'est la première fois depuis la création en 1987 d'Ecurie, le système de notification d'incidents nucléaires au sein de l'Union européenne, que le niveau d'alerte a été lancé. La France le teste régulièrement dans le cadre d'"exercices de crise", qui sont réalisés une fois par mois.
Pas d'inspection internationale
Le niveau d'alerte est déclenché lorsqu'un accident peut conduire à un relâchement de radioactivité ou qu'une pollution radioactive est constatée et que les salariés, la population et l'environnement peuvent être menacés. Pour les incidents moins graves, Ecurie prévoit aussi un niveau d'information dont le lancement est laissé à l'appréciation des Etats-membres. L'ASN utilise pour sa part un autre système d'information, celui mis en place par l'Autorité internationale de l'énergie atomique (AIEA).
La Slovénie n'a pas demandé d'inspection par des experts de l'AIEA de sa centrale nucléaire, qui est à ce jour fermée. Exploitée en commun par la Slovénie et la Croatie, la centrale a été construite par le consortium américano-japonais Westinghouse et reliée au réseau électrique en 1983. Elle produit 20% de l'électricité consommée en Slovénie et 15% de celle utilisée en Croatie.
Un "avertissement" selon Greenpeace |
"Ceux qui prévoient de construire davantage de réacteurs nucléaires doivent suivre cet avertissement et rejeter la technologie nucléaire", a indiqué jeudi Jan Beraknek de Greenpeace. "Toute situation qui aboutit à ce que la Commission européenne alerte les 27 Etats membres sur les conséquences possibles d'un accident nucléaire ne peut pas être considérée comme quelque chose sur quoi il ne faut pas s'inquiéter", a-t-il estimé. Il voit dans l'incident en Slovénie "une preuve de la menace que toutes les installations nucléaires d'Europe posent pour sa population, son environnement et au-delà". |
Retour MYTF1
Chargement en cours...



