Le site nucléaire du Tricastin, dans le Vaucluse © TF1Le rejet radioactif d'uranium de lundi a-t-il eu des conséquences sur la faune environnante ? Selon la société mise en cause, la Socatri, les premières mesures réalisées près de la centrale nucléaire du Tricastin seraient rassurantes. Réalisés dans les eaux souterraines, dans des forages privés et des plans d'eau, ces prélèvements "ne montrent pas d'évolution anormale de la teneur en uranium par rapport au niveau naturel", assure dans une note l'Autorité de sûreté nucléaire, le "gendarme" du secteur. Les mesures réalisées dans les rivières Gaffière et Lauzon "montrent une diminution rapide de la teneur en uranium", ajoute l'ASN. Jeudi, le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, a également estimé qu'il n'y avait "pas de danger imminent pour la population".
Tricastin : Areva relaxé du délit de pollution
Socatri, la filiale d'Areva a toutefois été condamnée à 40.000 euros d'amende pour défaut d'information après un rejetd'uranium en 2008 par l'usine de retraitement du Tricastin.
Publié le 14/10/2010
L'ASN a toutefois demandé de nouvelles mesures indépendantes à l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire ainsi que la mise en place d'un plan de surveillance. D'autant que la Socatri, filiale de retraitement de déchets du géant français du nucléaire Areva, avait été rappelé à l'ordre en mai par l'ASN pour des "fuites" et des "écarts répétés" à ses autorisations de rejets chimiques et radiologiques. Dans un rapport sur l'état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en Rhône-Alpes et Auvergne pour 2007, publié en mai dernier, l'ASN indique que "la canalisation qui évacue les effluents liquides de Socatri, du fait de son ancienneté, a fait l'objet de fuites répétées en 2007". "L'ASN a demandé à Socatri de la remplacer au plus vite et d'assurer d'ici-là une surveillance renforcée", peut-on lire dans le rapport.
Des travaux engagés
L'ASN relève encore que "les effluents liquides en sortie de la station de traitement présentent régulièrement des écarts aux seuils de rejets chimiques" et recommande la mise en service en 2008 "d'une nouvelle station de traitement". Enfin, l'ASN note dans son rapport que la Socatri avait "dépassé de 5% sa limite annuelle de rejet en carbone 14 gazeux du fait d'une mauvaise évaluation de l'activité radiologique des déchets très faiblement radioactifs en provenance de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs". "Parce que le carbone 14 sous forme gazeuse [radioactif] ne peut être piégé, l'ASN a demandé à Socatri d'améliorer le processus de surveillance de ce rejet afin d'anticiper l'atteinte de la limite autorisée", ajoute-t-elle. L'antenne lyonnaise de l'ASN a toutefois indiqué jeudi que la Socatri avait engagé des travaux depuis ses recommandations.
L'incident de lundi s'est produit vers 23 heures et n'a été signalé à l'ASN que plus de huit heures après, vers 7h30 mardi matin. Les communes concernées n'ont été prévenues que mardi en milieu de journée, soit 12 heures après. Les associations écologistes se sont étonnées de ce retard et estiment que la Socatri a délibérément dissimulé l'incident. Elles jugent également que le rejet est important. Selon le dernier bilan de la Socatri repris par la préfecture du Vaucluse, un total de 18,07 mètres cubes d'effluents uranifères contenant 224 kilos d'uranium non enrichi ont fui, mais seulement 74 kilos se seraient écoulés dans les rivières, 150 étant restés sur le site de la société. Jeudi, la préfecture a annoncé le maintien, au moins jusqu'à vendredi matin, des mesures de précaution prises après l'incident. Elles interdisent la consommation et l'usage d'eau issue de captages privés sur les communes de Bollène, Lapalud et Lamotte-du-Rhône, au sud du Tricastin. La pêche, la consommation de poisson et les activités nautiques et de baignade sont également interdits sur les trois cours d'eau et étangs, ainsi que l'irrigation provenant de ces cours.
(D'après agence)
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