Nicolas Sarkozy au Creusot, le 3 juillet 2008 © LCIEn déplacement en Saône et Loire, Nicolas Sarkozy a réservé la primeur de ses déclarations aux ouvriers d'Arcelor Mittal au Creusot. Il leur a confirmé la construction d'un second EPR, indépendant de celui de Flamanville. Annonce que le chef de l'Etat a par la suite réitéré lors d'un discours officiel. Le président a longuement justifié sa décision: "L'ère du pétrole bon marché, c'est fini. Le nucléaire est plus que jamais une industrie d'avenir et une énergie indispensable", a-t-il insisté. Il n'a cependant rien dit du lieu de construction, ni de la date de mise en service de ce nouveau réacteur. "Il faudra qu'on prenne la décision d'implantation d'ici à 2009, et il faudrait que le première pierre soit posée en 2011", a-t-il poursuivi.
Les Verts ont vivement réagi à cette annonce, rappellant leur opposition la plus ferme et leur détermination à lutter contre la construction du réacteur nucléaire EPR, "inutile", "dangereux" et "coûteux". "Les 3 milliards d'euros prévus pour sa construction seraient autrement plus intelligemment dépensés s'ils l'étaient dans les domaines des économies d'énergie et des énergies renouvelables", ont-ils déclaré dans un communiqué. L'association écologique Greenpeace a également dénoncé une décision "aberrante" et "stupide", tandis que l'association Sortir du Nucléaire a appelé à une manifestation contre ce projet à Paris le 12 juillet.
EDF candidat
Areva a annoncé un programme d'investissement au Creusot à hauteur de 70 millions d'euros. EDF s'est par ailleurs déclaré candidat à la construction d'un deuxième EPR en France et pourrait se trouver en concurrence frontale avec Suez , qui est selon une source proche du dossier favorable à la construction d'une deuxième voire d'une troisième centrale nucléaire de type EPR dans l'Hexagone. "Pour des raisons liées à la sécurité d'approvisionnement et à la lutte contre le réchauffement climatique, dans un contexte de forte hausse du prix du pétrole, EDF est prêt à répondre à cette demande", a déclaré la porte-parole d'EDF. "EDF dispose en effet de sites potentiels d'implantation, des compétences reconnues de ses salariés et de l'expérience nécessaire après avoir engagé la construction de l'EPR de Flamanville", a-t-elle ajouté.
Par ailleurs, selon une source proche du dossier, "Suez estime que la recrudescence des besoins et de la demande va nécessiter la construction d'un voire deux EPR supplémentaires en France". Le groupe, en cours de fusion avec Gaz de France , a déjà indiqué qu'il comptait devenir un constructeur et exploitant de centrales nucléaires à l'horizon 2015-2020 dans le cadre de sa politique d'accroissement de son parc de production à travers le monde et qu'il serait un acteur très engagé dans le renouveau du nucléaire. Le futur groupe GDF Suez a prévu de prendre une décision sur le nucléaire en Europe occidentale courant 2009 concernant l'implantation de centrales, leur nombre et la technologie utilisée.
Plusieurs centaines de manifestants contre la venue de Sarkozy |
Plusieurs centaines de personnes - 300 selon la police, 600 selon les organisateurs - ont manifesté jeudi à l'appel des syndicats CGT, CFDT, CFTC, FSU et Solidaires au Creusot, contre la venue de Nicolas Sarkozy. "Nous sommes venus exprimer le mécontentement des salariés face aux mesures anti-sociales du gouvernement et du président Sarkozy", a déclaré Claudine Contassot, responsable à l'UD-CGT de Saône-et-Loire. De son côté, Juan Bolivar, membre de l'UL-CGT, a rappelé que "sans la longue bataille de la CGT pour garder ouverte la Forge du Creusot, Nicolas Sarkozy n'aurait pas pu faire d'annonce aujourd'hui, car tout serait fermé". |
(D'après agence)
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