Le site nucléaire du Tricastin, dans le Vaucluse © TF1 |
| "La décision de l'ASN arrive tardivement" |
L'incident serait-il plus grave qu'annoncé ? L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) demande vendredi à Socatri de suspendre l'activité de sa station de traitement à Tricastin, dans le Vaucluse, qui est à l'origine d'un rejet accidentel d'uranium lundi soir. L'Autorité demande aussi à la société de prendre des "mesures immédiates de mise en sécurité" de cette station. "Le collège de l'ASN s'est réuni pour prendre une décision imposant à Socatri la suspension de l'arrivée d'effluents dans la station de traitement à l'origine de la pollution et des mesures immédiates de mise en sécurité", précise l'ASN.
De son côté, la Socatri a annoncé qu'elle allait fermer une partie de sa station de traitement. "On prend acte de la décision de l'ASN. Ses décisions s'imposent à nous", a déclaré un porte-parole de la société, parlant au nom du directeur d'Areva au Tricastin, Hugues Blacher. La société précise que la fermeture d'une partie de la station "n'aura pas de conséquences sur le reste de l'activité de la société".
Les nappes phréatiques pas contaminées
Les inspections menées jeudi par l'Autorité de sûreté nucléaire ont notamment révélé que "la mise en sécurité destinée à empêcher toute nouvelle pollution n'était pas complètement satisfaisante" et que "les conditions d'exploitation lors de l'incident présentaient des irrégularités par rapport aux dispositions réglementaires applicables". "Ces constats donneront lieu à l'établissement d'un procès-verbal qui sera transmis à Monsieur le procureur de la République", ajoute l'ASN. L'incident, qui s'est produit lundi, n'a été signalé à l'ASN que plus de huit heures après, mardi matin. Les communes concernées n'ont été prévenues que mardi en milieu de journée, soit 12 heures après.
Les associations écologistes se sont étonnées de ce retard et estiment que la Socatri a délibérément dissimulé l'incident. Le réseau Sortir du Nucléaire a annoncé vendredi qu'il comptait porter plainte contre l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). "L'Autorité de sûreté nucléaire est en train d'essayer de se couvrir, car elle est au moins aussi responsable que la Socatri/Areva", a déclaré Stéphane Lhomme, porte-parole de Sortir du Nucléaire. Il a ajouté que le réseau écologique préparait avec un avocat "une plainte contre l'ASN pour rétention d'information".
Par ailleurs, selon les premières analyses, la fuite d'uranium n'a pas contaminé l'eau de la nappe phréatique autour du site nucléaire. "S'agissant des eaux des nappes phréatiques, les concentrations en uranium mesurées ne montrent pas jusqu'ici de contamination liée au rejet accidentel", annonce l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) dans un communiqué. Jeudi, la préfecture a annoncé le maintien des mesures de précaution prises après l'incident. Elles interdisent la consommation et l'usage d'eau issue de captages privés sur les communes de Bollène, Lapalud et Lamotte-du-Rhône, au sud du Tricastin. La pêche, la consommation de poisson et les activités nautiques et de baignade sont également interdits sur les trois cours d'eau et étangs, ainsi que l'irrigation provenant de ces cours.
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...



