Le site nucléaire du Tricastin, dans le Vaucluse © TF1![]() |
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Tricastin : Areva relaxé du délit de pollution
Socatri, la filiale d'Areva a toutefois été condamnée à 40.000 euros d'amende pour défaut d'information après un rejetd'uranium en 2008 par l'usine de retraitement du Tricastin.
Publié le 14/10/2010
La quantité d'uranium rejetée lors d'un incident survenu mardi dans une installation de la société Socatri (Areva) sur le site nucléaire de Tricastin à Bollène (Vaucluse) a été moins importante que celle annoncée initialement. C'est en tout cas ce qu'a indiqué mercredi matin une porte-parole de Socatri à l'AFP.
Selon elle, au lieu des 360 kg d'uranium naturel annoncés (correspondant à 30 m3 d'effluents contenant 12 gr d'uranium par litre), ce sont en fait 75 kg qui ont été rejetés (soit 6,25 m3 d'effluents contenant 12 gr d'uranium par litre).
"Un dysfonctionnement dans un bac de rétention"
D'après la même source, des relevés ont été effectués dans la nappe, dans trois puits de pompage appartenant à des particuliers ainsi que dans les cours d'eau dans lesquels les effluents ont été rejetés. Ces relevés n'ont révélé "aucun élément anormal", selon Socatri. Selon l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), les relevés effectués dans la nappe et dans les puits n'ont effectivement rien montré.
Les mesures sur les cours d'eau se poursuivent et les taux de radioactivité relevés sont en "constante diminution depuis hier soir (ndlr, mardi soir)", a précisé Charles-Antoine Louët, chef de la division de Lyon de l'ASN. Il a confirmé que l'incident avait bien été classé au niveau 1 ("anomalie") de l'échelle Ines qui évalue la gravité des événements touchant les installations nucléaires et compte 7 niveaux.
L'incident s'est produit lors d'un transfert entre deux cuves de liquide contenant de l'uranium naturel, sans que l'on sache encore avec précision, tant du côté de Socatri que de l'ASN, quelles en sont les causes. "Il y a eu un dysfonctionnement dans un bac de rétention", a précisé la directrice de communication du site de Tricastin.
L'Allemagne inquiète
Interrogée sur des réserves émises récemment par la Criirad (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité) sur un éventuel non-respect des normes de stockage de déchets radioactifs sur le site de Tricastin, l'ASN précise que ce ne sont pas les installations de la Socatri qui étaient visées par l'association.
L'organisation écologiste France nature environnement (FNE, 3.000 associations) s'interroge quant à elle sur l'exactitude des informations communiquées à propos du rejet accidentel d'uranium. L'organisation souligne notamment que la loi du 13 juin 2006, dite de "transparence et sécurité nucléaire" a concentré aux mains des cinq directeurs de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), "non contrôlée et juridiquement irresponsable", la maîtrise du contrôle et de l'information en matière nucléaire. Même l'Allemagne s'est émue de l'incident. Le secrétaire d'Etat à l'Environnement, Michael Müller, a estimé mercredi que l'incident "ne devait pas être pris à la légère". "Ce n'est pas une bagatelle quand de l'uranium actif pénètre dans le sol", a-t-il précisé.
Pêche et baignade interdite
La Socatri, filiale d'Areva, a pour mission d'épurer les effluents contenant de l'uranium et émanant des installations industrielles présentes sur le site de Tricastin (activités de chimie ou d'enrichissement de l'uranium, par exemple) avant de les rejeter dans les cours d'eau. Alors que les liquides arrivant pour retraitement contiennent 12 gr d'uranium par litre, ils sont normalement rejetés avec un taux ne dépassant pas 1 mg, selon la porte-parole de Tricastin.
La préfecture du Vaucluse a indiqué que les mesures de précaution annoncées dans la soirée de mardi étaient pour le moment maintenues. Ces mesures sont l'interdiction de la consommation et de l'usage d'eau issue de captages privés dans les communes de Bollène, Lapalud et Lamotte-du-Rhône, situées au sud du Tricastin.
La pêche, la consommation de poisson et les activités nautiques et de baignade sont également interdites dans les cours d'eau de la Gaffière, la Mayre Girardes et du Lauzon ainsi que les étangs du Trop-Long, du Baltraces et des Girardes. L'irrigation issue des trois cours d'eau est interdite.
(D'après agence)
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