Bataille de procédure après les incidents du Tricastin

le 05 août 2008 à 07h23 , mis à jour le 05 août 2008 à 07h27

La municipalité de Bollène réclame un expert indépendant pour évaluer l'impact des incidents nucléaires. La réponse de la justice est attendue en fin de semaine.

centrale du Tricastin nucléaireLa centrale du Tricastin © TF1

Après l'incident survenu début juillet dans la centrale du Tricastin, la municipalité de Bollène, dans le Vaucluse - l'une des quatre communes riveraines du site nucléaire - a assigné en référé la société Socatri, filiale de retraitement des déchets d'Areva, et a demandé la désignation d'un expert indépendant. "Nos contradicteurs estiment que les investigations menées sont suffisantes. Ce n'est pas notre cas", assure l'avocat de Bollène, Me Jean-Marc Peyrical. Le tribunal de grande instance de Carpentras doit se prononcer vendredi sur cette demande.

  • Tricastin : Areva relaxé du délit de pollution

    Socatri, la filiale d'Areva a toutefois été condamnée à 40.000 euros d'amende pour défaut d'information après un rejetd'uranium en 2008 par l'usine de retraitement du Tricastin.

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Car dans le voisinage du site nucléaire, on s'interroge : depuis le début de l'été, trois incidents sont survenus au Tricastin, l'un des plus gros sites nucléaires français avec l'usine de retraitement de La Hague. Le plus grave est survenu le 7 juillet, quand 74 kg d'uranium en solution se sont échappés de l'usine Socatri de la centrale vers deux cours d'eau, la Gaffière et le Lauzon. Puis, le 23 juillet, une centaine de personnes ont été légèrement contaminées par des particules radioactives, selon EDF et, six jours plus tard, une alarme s'est déclenchée, provoquant l'évacuation d'une centaine d'employés.

"Personne ne se contente de la version officielle"

D'où cette volonté des élus locaux de ne pas en rester là. Outre son action en référé de lundi, la ville de Bollène se portera partie civile à la faveur de la nouvelle loi de responsabilité environnementale, dans le cadre de la plainte déposée le 22 juillet par Elisabeth Sérinian, une riveraine de l'usine Socatri. Cette action en justice de la commune de Bollène s'ajoute à plusieurs plaintes déposées par des habitants des communes avoisinantes et à celles de deux organisations écologistes.

Pour Frédéric Marillier, porte-parole de Greenpeace sur les sujets nucléaires, la demande d'un expert indépendant par la ville de Bollène "montre bien en réalité que personne ne se contente de la version officielle". Greenpeace a déjà annoncé la semaine dernière avoir déposé deux plaintes concernant les pollutions constatées autour du site du Tricastin début juillet. La première plainte vise le rejet des 74 kg d'uranium dans l'environnement qui constitue une "pollution des eaux" et la seconde vise la société Areva pour "abandon et dépôts illicites de déchets". Le Réseau Sortir du nucléaire a, pour sa part, porté plainte contre X dans cette affaire contre Areva mais également contre l'Autorité de sûreté nucléaire pour "exploitation en non-conformité à la réglementation d'une installation nucléaire de base" et pour "pollution des eaux". Le collectif veut faire toute la lumière sur "la gestion de crise catastrophique" qui a suivi cet "incident majeur" du 7 juillet.

D'après agence

le 05 août 2008 à 07:23
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