Un incident nucléaire s'est produit en Belgique © TF1/LCI
Découvrez le témoignage de Michel Boland,
de l'Institut des radioéléments de Fleurus
La police a circulé vendredi dans les rues de Fleurus (Belgique) pour diffuser par haut-parleurs des messages d'avertissement : à la suite d'une fuite radioactive dans un laboratoire médical le week-end dernier, la population est invitée à ne pas consommer les fruits et légumes de leur jardin, l'eau de pluie et le lait des fermes environnantes jusqu'à nouvel ordre. Ces mesures concernent également plusieurs villages situés dans un rayon de 5 kilomètres autour de Fleurus, une commune d'environ 20.000 habitants dans la région de Charleroi.
"La population est inquiète, c'est normal, le nucléaire est un thème qui effraie, mais je fais confiance aux professionnels qui me disent que la situation est sans danger et qu'il s'agit de simple mesure de prévention", a expliqué Jean-Luc Borremans, bourgmestre de la ville. Et d'ajouter : "Il s'agit bien d'un incident et pas d'un accident, je ne voudrais pas que les gens pensent qu'il y a eu une catastrophe nucléaire". Incident jugé sérieux par l'Agence fédérale belge de contrôle nucléaire (AFCN) qui l'a placé au niveau trois sur l'échelle internationale des accidents nucléaires. Laquelle en compte sept.
Réévaluation jeudi
Le week-end dernier, un rejet d'iode radioactif a été constaté par le personnel du laboratoire de l'Institut des radioéléments (IRE), une institution reconnue d'utilité publique qui produit des radioéléments utilisés notamment pour le dépistage par imagerie médicale et le traitement par radiothérapie du cancer. L'IRE se présente comme le deuxième producteur mondial de radioisotopes à usage médical.
L'AFCN a été averti dès lundi. La production de l'IRE a été mise à l'arrêt mardi, mais l'Agence avait ce jour-là estimé que la fuite ne faisait courir aucun risque aux riverains et à l'environnement et n'avait recommandé aucune mesure de précaution. Les autorités belges ont brusquement revu leur évaluation jeudi soir lorsqu'une analyse d'échantillons d'herbe, prélevés "dans l'environnement direct" du site, a débouché sur "des mesures plus élevées d'iode radioactif" que ne laissaient présager les premiers tests.
Lors d'une réunion au Centre de crise du gouvernement qui s'est achevée jeudi à 23h, il a été décidé de conseiller aux riverains de prendre des précautions et d'informer les autres pays de l'UE à travers le réseau européen Ecurie. C'est ainsi que l'Autorité française de sécurité nucléaire (ASN) a été mise au courant de l'incident, le plus grave de ce type jamais survenu en Belgique.
Enquête demandée
Le bourgmestre de Charleroi, Jean-Jacques Viseur, s'est dit vendredi "surpris" et "mécontent" de ne pas avoir été averti de la situation. "Que fait-on des gens qui ont mangé des légumes ? Pourquoi avoir attendu autant de jours avant d'annoncer des mesures ?", a pour sa part déclaré le député Vert Jean-Marc Nollet, qui a réclamé l'ouverture d'une enquête indépendante.
Le bourgmestre de Fleurus rapporte lui que ses administrés semblent de plus en plus inquiets, se demandant notamment s'ils devaient ingérer les capsules d'iodes prévues en cas de pollution nucléaire. "En ce moment, il n'y a pas lieu de le faire", a assuré Jean-Luc Borremans. L'élu local note toutefois qu'un arrêt prolongé de la production de l'IRE risque de priver de leurs médicaments des milliers de patients souffrant du cancer.
D'après agence
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