© www.sxc.huLe constat est qualifié "d'effrayant" par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), qui a mené l'étude : sur les 634 espèces de primates recensées dans le monde, 48% sont en danger d'extinction. Le rapport, rendu public mardi lors du 22ème Congrès de la Société internationale de primatologie, qui se tient à Edimbourg jusqu'à vendredi, fait de la chasse, et de la destruction de l'habitat par les incendies et le défrichement des forêts tropicales, les principales menaces pesant sur les primates.
En Asie par exemple, plus de 70% des espèces de primates figurent dans les catégories "vulnérables", "en danger" ou "en danger critique d'extinction", selon les critères de la Liste rouge des espèces menacées. "A certains endroits, les primates sont littéralement dévorés jusqu'à l'extinction", a constaté Russell A. Mittermeier, président du Groupe de spécialistes des primates de la Commission de la sauvegarde des espèces de l'UICN. Les cinq pays avec la plus forte proportion d'espèces menacées d'extinction sont d'ailleurs situés en Asie : Cambodge (90%), Vietnam (86%), Indonésie (84%), Laos (83%) et Chine (79%). Sur ce continent, les populations de gibbons, de semnopithèques, de langurs notamment ont baissé à cause de la chasse, destinée à répondre aux besoins d'alimentation mais aussi à la demande commerciale pour la médecine traditionnelle chinoise et les animaux de compagnie.
La disparition silencieuse des singes africains
En Afrique, 11 des 13 espèces de colobes bais connues sont considérées comme "en danger critique d'extinction" ou "en danger". Les primatologues craignent que deux espèces, le colobe bai de Bouvier et le colobe bai de Miss Waldron's Red Colobus, ne soient déjà éteintes. Ils envisagent de faire passer le gorille de montagne de la catégorie "en danger critique d'extinction" à "en danger", au vu de l'augmentation de ses populations dans les montagnes protégées du Rwanda, de l'Ouganda et de la République démocratique du Congo. Le massacre à l'été 2007 de gorilles de montagne dans le parc national des Virunga, dans l'est de la RDC, a cependant retardé cette reclassification.
Malgré ce sombre état des lieux, les responsables de la conservation se félicitent aussi de quelques succès. Au Brésil, le tamarin-lion noir et le tamarin-lion doré sont ainsi passés de la catégorie "en danger critique d'extinction" à "en danger" en 2003. Les populations de ces deux espèces sont aujourd'hui bien protégées mais restent réduites. Un reboisement urgent est nécessaire pour les doter de l'habitat nécessaire à leur survie. "Si vous avez des forêts, vous pouvez sauver les primates", conclut Anthony Rylands, vice-président du Groupe de spécialistes des primates de l'UICN.
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...



